International Campaign to Ban Landmines (ICBL)
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Les Gouvernements exhortés à éliminer les mines terrestres d'ici quelques années -- et non quelques décennies

Communiqué de presse
Pour diffusion immédiate

Les Gouvernements exhortés à éliminer les mines terrestres
d'ici quelques années -- et non quelques décennies

La dixième Réunion des Etats parties au Traité d'interdiction des mines s'ouvre à Genève

Genève, le 29 novembre 2010 - Un engagement politique et financier soutenu est nécessaire afin de résoudre le problème des mines terrestres à l'échelle mondiale, a déclaré aujourd'hui la Campagne internationale pour interdire les mines (ICBL), à l'ouverture d'une réunion annuelle du traité de 1997 interdisant les mines antipersonnel.

"La menace posée par les mines demeure urgente, mais le problème des mines antipersonnel n'est pas insurmontable. Il peut être résolu si les gouvernements restent engagés jusqu'à ce que toutes les zones minées soient nettoyées, que tous les survivants de mines jouissent des droits et des possibilités économiques offerts aux autres, et que tous les stocks de mines soient détruits " a déclaré Sylvie Brigot, directrice exécutive de l'ICBL. "Beaucoup de progrès ont été réalisés au cours de la dernière décennie, mais les gouvernements doivent continuer d'agir énergiquement pour atteindre l'objectif d'un monde sans mines".

La dixième Réunion des États parties au Traité d'interdiction des mines se tient aux Nations Unies à Genève du 29 novembre au 3 décembre 2010. Les représentants de la plupart des 156 gouvernements qui ont adhéré au traité sont attendus, ainsi que la Chine, la Russie, les États-Unis et d'autres délégations d'observateurs des 39 États qui n'ont pas adhéré au traité. Une délégation de l'ICBL de 120 militants de 33 pays, y compris des survivants de mines, participe à la réunion.

" La réunion doit aborder de nombreuses questions afin d'assurer la pleine mise en oeuvre du Traité d'interdiction des mines," a expliqué Eva Veble, cheffe de l'Unité d'action contre les mines de DanChurchAid. "Les Etats parties ainsi que toutes les parties prenantes devraient examiner comment utiliser les ressources disponibles de façon plus efficiente et efficace afin de mener la tâche à bien, et comment collaborer de façon encore plus étroite."

Parmi les sujets de préoccupation pour la Campagne internationale pour interdire les mines lors de cette réunion:

  • Six Etats parties (la Colombie, le Danemark, la Guinée-Bissau, la Mauritanie le Tchad et le Zimbabwe) ont indiqué qu'ils ne seront pas en mesure d'achever la dépollution des zones minées dans le délai de dix ans imposé par le traité. Ils ont déposé des demandes de prorogation de délai sur lesquelles les Etats parties doivent maintenant se prononcer.
  • Quatre États parties qui, collectivement, stockent plus de 10 millions de mines antipersonnel (le Belarus, la Grèce, la Turquie et l'Ukraine) n'ont pas respecté le délai de destruction de leurs stocks, fixé à quatre ans, et sont actuellement en violation du traité d'interdiction des mines.
  • Plus d'une décennie après avoir ratifié le Traité d'interdiction des mines, le Venezuela est le seul État partie affecté par les mines qui n'ait pas encore commencé ses opérations de déminage.
  • Le Royaume-Uni s'est vu accorder une prorogation de son délai de dépollution, en 2008, mais ne remplit pas une partie de ses modalités. Il a terminé la dépollution de trois zones minées, comme prévu, mais n'a pas annoncé de nouveaux plans pour dépolluer les 113 autres zones minées.
  • Des allégations très préoccupantes d'utilisation de mines antipersonnel en 2009 par les forces armées de la Turquie, un État partie au traité, font actuellement l'objet d'une enquête judiciaire.
  • L'accessibilité des services d'assistance aux victimes a diminué en 2009 dans sept États parties : l'Afghanistan, l'Angola, la Colombie, la République démocratique du Congo, la Guinée-Bissau, la Jordanie et le Tchad.
  • Seuls 9% des fonds internationaux pour l'action anti-mines sont octroyés à l'assistance aux victimes, un chiffre nettement insuffisant. La majorité des pays ne fournissent pas une assistance fondée sur le nombre de survivants et sur leurs besoins.
  • Lors de la réunion, les États parties examineront les moyens d'encourager une coopération et une assistance internationales plus durables. L'ICBL appelle les pays donateurs à fournir un financement pluriannuel, pour permettre aux États de mettre en œuvre des plans de déminage et d'assistance aux victimes d'une manière prévisible et durable.
  • Pour la deuxième année consécutive, les États-Unis participeront à la réunion en tant qu'observateur. Il y a un an, les Etats-Unis ont annoncé qu'un examen officiel des politiques relatives aux mines terrestres allait être entamé. Aucune décision sur l'adhésion au traité n'a été prise jusqu'à maintenant.

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Source
Amélie Chayer, Chargée de communication (Genève, GMT +1)
media@icbl.org
Portable: +41 78 728 53 20 ou +33 6 89 55 12 81

Contexte
Adopté en 1997, le Traité d'interdiction des mines est entré en vigueur le 1er mars 1999. Le traité interdit totalement les mines antipersonnel, exige la destruction des stocks de mines dans les quatre ans, exige la dépollution de toutes les zones minées dans les 10 ans, et demande la mise en place de programmes d'assistance aux victimes de mines.

La Campagne internationale pour interdire les mines (ICBL) est un réseau mondial dans plus de 90 pays, travaillant pour un monde libre de mines antipersonnel. En 1997, l'ICBL a reçu le prix Nobel de la paix conjointement avec sa coordinatrice de l'époque Jody Williams, en reconnaissance des efforts consentis pour l'adoption du Traité d'interdiction des mines.

Des informations complémentaires sont disponibles dans le rapport de l'Observatoire des mines 2010: www.the-monitor.org/lm/2010

Campagne internationale pour interdire les mines

9 rue de Cornavin - 1201 Genève - Suisse
www.icbl.org / icbl@icbl.org