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La 9e Réunion des Etats Parties au Traité d’interdiction des mines s’ouvre aujourd’hui à Genève
Genève, le 24 novembre 2008 – Onze ans après la signature du Traité d’interdiction des mines antipersonnel, les survivants d’explosions de mines attendent toujours l’assistance promise par le traité, a déclaré la Campagne internationale pour interdire les mines, lauréate du prix Nobel de la Paix. Les membres d’ICBL, en provenance de plus de 50 pays, vont faire entendre la voix de la société civile lors de la 9e Réunion des Etats Parties au Traité, qui s’ouvre aujourd’hui à Genève en Suisse. Au cours de cette réunion, des centaines de représentants de gouvernements, d’organisations internationales et de la société civile vont évaluer les progrès réalisés en matière de mise en œuvre du traité.
«Nous demandons instamment aux Etats de tenir leur parole et de respecter leurs promesses faites il y a plus de 10 ans aux survivants des mines, à leurs familles et à leurs communautés. Des actions concrètes pour pourvoir aux besoins et promouvoir les droits des survivants sont nécessaires, et les survivants doivent être parties prenantes des processus de décision», a déclaré Margaret Arach Orech, représentante d’ICBL et survivante d’explosion de mine. Vingt-cinq Etats Parties qui ont recensé le plus grand nombre de victimes de mines ont mis en avant des objectifs d’assistance aux victimes à remplir avant la 2e Conférence d’Examen du Traité qui aura lieu en 2009, mais la plupart ont accompli peu de progrès sur le terrain au cours des dernières années.
Les délégués gouvernementaux se prononceront en outre sur les demandes d’extension de date butoir présentées par 15 Etats qui n’ont pas été capables de respecter leur date butoir de nettoyage des terrains minés, fixée à 2009. «Avec un total manque de respect pour les engagements qu’ils ont pris en signant le Traité, le Royaume-Uni et le Vénézuela n’ont aucun plan d’action précis pour amorcer les opérations de déminage avant l’expiration du délai fixé par le Traité. D’autres gouvernements ont travaillé beaucoup trop lentement. Le manque de bonne volonté démontré par ces pays montre un manque de respect du Traité et des populations qui vivent sous la menace quotidienne des mines antipersonnel», a déclaré Tamar Gabelnick, directrice de la mise en œuvre du traité à ICBL. Les demandes d’extension ont été soumises plus tôt cette année et analysées par un groupe d’Etats et d’experts, y compris ceux d’ICBL. Une décision sera prise au cours de cette semaine. «Les Etats Parties doivent trouver le courage de s’élever contre ces demandes d’extension injustifiées, et refuser celles qui affaiblissent le Traité», a ajouté Mme Gabelnick.
De plus, le Belarus, la Grèce et la Turquie n’ont pas respecté le délai de 4 ans qui leur était imparti pour détruire leurs stocks de mines antipersonnel, lequel arrivait à échéance au 1er mars 2008. Ces trois Etats, qui stockent en tout 6 million de mines antipersonnel, sont maintenant en violation du Traité. «La destruction des stocks est essentielle, car une mine détruite ne fera jamais de victime. C’est une mesure préventive indispensable», a expliqué Mme Sylvie Brigot, directrice d’ICBL. Alors que les autorités du Belarus ont indiqué depuis longtemps qu’elles auraient besoin de soutien pour détruire leurs mines, la Grèce et la Turquie n’ont jamais fait mention de problèmes techniques ou financiers. La Grèce n’a pas encore commencé la destruction de ses stocks.
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Un dossier de presse est disponible à l’adresse www.icbl.org/treaty/meetings/9msp/media
Informations complémentaires et interviews: Amélie Chayer, Chargée de communication, ICBL; email: media@icbl.orgTél. à Genève (GMT+1): +41 (0)22 917 6704 / +41 (0)78 606 9422
ContexteLe Traité d’interdiction des mines antipersonnel a été signé à Ottawa le 3 décembre 1997. La même année, ICBL et sa coordinatrice, Jody Williams, ont reçu le prix Nobel de la Paix pour leur rôle dans la mise en place de ce traité. 156 Etats ont adhéré au Traité jusqu’à présent, et 39 n’ont pas encore adhéré.
Quinze Etats Parties avec des délais de nettoyage des terrains minés expirant en 2009 ont déclaré qu’ils n’allaient pas respecter ces délais et ont demandé un report du délai: Bosnie-Herzégovine, Croatie, Danemark, Equateur, Jordanie, Mozambique, Nicaragua, Pérou, Sénégal, Tchad, Thaïlande, Royaume-Uni, Venezuela, Yémen et Zimbabwe.
La 9e Réunion des Etats Parties au Traité d’interdiction des mines antipersonnel a lieu au Palais des Nations à Genève du 24 au 28 novembre 2008.
Le Rapport 2008 de l’Observatoire des mines, projet de surveillance du traité par ICBL, rend compte des politiques d’interdiction, du nombre de victimes, des programmes d’éducation aux risques, de l’assistance aux victimes et du soutien financier dans 120 pays et régions (www.icbl.org/lm/2008). Il a été publié le vendredi 21 novembre 2008.