L'Observatoire des Mines est une initiative sans précédent de la Campagne Internationale pour Interdire les Mines antipersonnel (ICBL) afin de contrôler la mise en oeuvre et la conformité avec la Convention pour l'Interdiction des Mines de 1997 et plus généralement pour évaluer les efforts de la communauté internationale pour résoudre le problème des mines antipersonnel. C'est la première fois que des organisations non gouvernementales s'associent de façon soutenue, systématique et coordonnée pour contrôler un traité de Droit Humanitaire ou de Désarmement et pour informer régulièrement sur les progrès réalisés et les problèmes rencontrés.
Les principaux éléments du système de l'Observatoire des Mines antipersonnel sont un réseau mondial de chercheurs, une base de données centrale et un rapport annuel. Le Rapport 2000 de l'Observatoire des Mines : vers un monde sans mines est le second rapport annuel de ce type. Le premier rapport annuel a été édité en mai 1999 à la Première Conférence des Etats Parties à la Convention sur l'interdiction des mines antipersonnel à Maputo, au Mozambique. Pour préparer ce rapport, l'Observatoire des Mines dispose de 115 chercheurs de 95 pays qui collectent l'information. Le rapport est largement basé sur la recherche de terrain, faite par des chercheurs des pays. L'Observatoire des Mines a utilisé le réseau de campagne de l'ICBL mais a également intégré d'autres éléments de la société civile, y compris des journalistes ainsi que des institutions universitaires et de recherche.
On doit comprendre que l'Observatoire des Mines n'est pas un système de vérification technique ni un régime d'inspection officiel. C'est une initiative de la société civile dont l'objectif est que les gouvernements rendent compte des obligations qu'ils ont contractées à l'égard des mines antipersonnel ; ceci est réalisé grâce à la collecte, l'analyse et la distribution de l'information qui est du domaine public. Bien que dans certains cas il comporte des missions d'investigation, l'Observatoire des Mines n'est pas conçu pour envoyer des chercheurs au devant du danger et il ne comprend pas de rapport dans des zones de conflit ouvert.
L'Observatoire des Mines a pour but de compléter le rapport des Etats Parties exigé à l'article 7 de la Convention sur l'interdiction des mines antipersonnel. Il a été créé dans l'esprit de l'article 7 et reflète l'opinion partagée que la transparence et la coopération sont des éléments essentiels au succès de l'élimination des mines antipersonnel. Mais c'est aussi reconnaître qu'il y a une nécessité de rapports et d'évaluations indépendants.
L'Observatoire des Mines et le rapport annuel visent à promouvoir et à encourager la discussion sur les thèmes liés aux mines antipersonnel ainsi qu'à rechercher des éclaircissements, afin d'atteindre l'objectif d'un monde sans mines. L'Observatoire des Mines travaille de façon désintéressée pour fournir des informations factuelles sur les questions qu'il contrôle, pour en faire profiter la communauté internationale dans son ensemble. Il se veut critique mais constructif dans ses analyses.
Le Rapport 2000 de l'Observatoire des Mines contient des informations sur chaque pays du monde en ce qui concerne le respect de la politique d'interdiction de l'emploi, de la production, du transfert et du stockage des mines antipersonnel, l'enlèvement des mines, la sensibilisation aux dangers des mines et l'assistance aux victimes. Aussi, l'Observatoire des Mines ne fait pas seulement un rapport sur les Etats Parties et leurs obligations par rapport à la Convention, il observe également les Etats signataires et également non signataires. Tous les pays -ainsi que des informations sur les acteurs clefs dans l'action contre les mines et l'assistance aux victimes dans les pays affectés par les mines- sont compris dans ce rapport, avec la conviction qu'il fournira ainsi un moyen important d'évaluer l'efficacité globale quant à l'action contre les mines et l'interdiction de cette arme.
Comme c'était déjà le cas pour notre première année, l'Observatoire des Mines a conscience que cet ambitieux rapport a ses limites. Il doit être considéré comme un travail en cours, un outil qui sera continuellement mis à jour, corrigé et amélioré. Nous accueillons tous commentaires, éclaircissements et corrections de la part des gouvernements et autres interlocuteurs, dans un esprit de dialogue et dans la recherche d'informations justes et fiables sur un sujet difficile.

En juin 1998, l'ICBL a décidé officiellement de créer l'Observatoire des Mines en tant qu'initiative de l'ICBL. Un Groupe de Pilotage a été constitué pour développer et coordonner le système de l'Observatoire des Mines. Ce Groupe de Pilotage comprend Human Rights Watch, Handicap International, Kenya Coalition Against Landmines, Mines Action Canada et Norwegian People's Aid. Quant à la responsabilité et à la prise de décision, le système de l'Observatoire des Mines s'appuie sur le Groupe de Pilotage
Les bourses de recherche pour le Rapport 2000 de l'Observatoire des Mines ont été attribués en septembre 1999. L'ensemble des chercheurs s'est réuni à Bruxelles, en Belgique, du 31 janvier au 2 février 2000 pour discuter des résultats initiaux, échanger des informations, évaluer quelles recherches et collectes d'information avaient déjà eu lieu, identifier les écarts, et garantir des mécanismes de compte-rendu et des méthodes de recherche communs pour l'Observatoire des Mines. A la mi-mars, les avant-projets de rapports de recherche ont été soumis au Groupe de Pilotage de l'Observatoire des Mines pour révision et commentaire. Du 15 au 17 mai, les chercheurs se sont rencontrés à nouveau à Noordwijkerhout aux Pays-Bas pour présenter leurs rapports et discuter de leurs principaux résultats pour un processus de révision entre pairs. En mai, juin et juillet, le Groupe de Pilotage ainsi que les coordinateurs thématiques et régionaux ont vérifié les sources et édité des rapports nationaux, et une équipe de Human Rights Watch s'est chargée de la vérification finale des faits ainsi que de l'édition et de l'assemblage de tout le rapport. Le Rapport 2000 de l'Observatoire des Mines comprend aussi des annexes avec des rapports des acteurs principaux du mouvement pour l'interdiction des mines, tels que des gouvernements clefs, des agences des Nations Unies et le Comité International de la Croix Rouge. Ce rapport a été imprimé au mois d'août et présenté à Genève, Suisse, en septembre 2000, à la Deuxième Conférence des Etats Parties à la Convention sur l'interdiction des mines antipersonnel de 1997.