| <Précedent | Suivant> |
L’expression « sensibilisation aux dangers des mines » (ou Programme d’éducation à la prévention des accidents par mines, PEPAM) recouvre les programmes qui visent à réduire les morts et blessures dues aux mines ou aux engins non explosés (UXO) à travers l’information, l’éducation et le dialogue auprès des communautés exposées. Le premier objectif de la sensibilisation aux dangers des mines consiste à promouvoir un comportement sûr (ou plus sûr) parmi les populations qui vivent ou travaillent au milieu de zones polluées par les mines et les UXO. A cet égard, il convient de faire la distinction avec les campagnes destinées à attirer l’attention du public sur les effets des mines et UXO et sur le sort des populations touchées (même si ces campagnes d’information et de plaidoyer peuvent se fondre avec une action de sensibilisation aux dangers des mines, voire faire double emploi).
Durant la période couverte par ce rapport, des ressources considérables ont été consacrées à des programmes de sensibilisation aux dangers des mines au Kosovo et dans le Sud-Liban, tandis que, ailleurs, de nombreux programmes ont eu du mal à obtenir des fonds. De nouveaux programmes ont été ouverts au Burundi et à Kisangani, dans l’est de la République démocratique du Congo. Des activités ont également été menées en Erythrée et en Ethiopie, après la signature d’un accord de paix, ainsi qu’en Géorgie. Handicap International procède actuellement à l’évaluation de ses outils de prévention dans six pays. L’UNICEF a annoncé l’élaboration de Normes de sensibilisation aux dangers des mines et de Directives pour le contrôle et l’évaluation.
Comme l’indiquait le précédent rapport, les principaux acteurs de la sensibilisation aux dangers des mines sont, à l’échelle internationale : l’UNICEF, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Handicap International (HI) Belgique et France, l’International Save the Children Alliance et Mines Advisory Group (MAG). En Amérique centrale, l’Organisation des Etats Américains (OEA) s’est également montrée active dans plusieurs pays touchés par les mines. En outre, Norwegian People’s Aid (NPA) et la Vietnam Veterans of America Foundation (VVAF) ont mis en place des programmes au Kosovo où sont apparus d’autres acteurs relativement récents comme l’Association for Aid and Relief-Japan, Caritas, Danish Church Aid, HMD Response, INTERSOS, Islamic Relief Worldwide et Mines Awareness Trust.[36] L’organisation de déminage, HALO Trust, qui auparavant s’intéressait peu à la sensibilisation aux dangers des mines, s’est associé à une ONG japonaise pour effectuer des activités de sensibilisation des populations et de liaison communautaire. Enfin, la Force internationale de protection au Kosovo, la KFOR, a mis en place un programme de sensibilisation dans les écoles baptisé « Du soldat à l’enfant ».
Selon ses propres indications, l’UNICEF est « en train de mettre en place, de soutenir et de prévoir des programmes d’action contre les mines, essentiellement de sensibilisation et d’information, dans 28 pays : l’Albanie, l’Angola, l’Azerbaïdjan, la Bosnie-Herzégovine, le Burundi, le Cambodge, la Colombie, la Croatie, l’Erythrée, l’Ethiopie, la Fédération de Russie (Caucase du Nord), le Guatemala, la Guinée-Bissau, le Kirghizistan, le Liban, la Mauritanie, le Nicaragua, l’Ouzbékistan, le Panama, la République démocratique populaire lao (Laos), la Somalie, Sri Lanka, la Syrie (Plateau du Golan), le Soudan, le Tadjikistan, le Tchad, la Thaïlande et la Yougoslavie (Kosovo). En 2001, l’UNICEF a, pour la première fois, déployé directement du personnel dans un programme d’action anti-mines onusien et national, en Erythrée et en Ethiopie. »[37]
HI-France a mis en place ou soutenu des programmes PEPAM dans sept pays : l’Angola, la Bosnie-Herzégovine (par l’intermédiaire de l’ONG locale APM), l’Ethiopie, la Guinée-Bissau (par l’intermédiaire de l’ONG locale Andes), le Mozambique, le Sénégal et la Thaïlande. Le programme en Ethiopie a été arrêté le 1er juin, les objectifs fixés ayant été atteints.[38] Enfin, HI-Belgique met en œuvre des programmes de sensibilisation en Afghanistan, au Cambodge et en République démocratique du Congo (Kisangani).[39]
En 2000, le CICR a, directement ou par l’intermédiaire des sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, conduit des programmes de sensibilisation en Afghanistan, en Albanie, en Bosnie-Herzégovine, en Croatie, en Erythrée, en Ethiopie, au Liban, au Nicaragua, dans la région du Caucase du Nord (y compris en Tchétchénie) de la Fédération de Russie, ainsi qu’au Kosovo et au Haut-Karabakh. En outre, une collecte de données a démarré en Iraq et à la frontière entre le Tadjikistan et l’Ouzbékistan afin de déterminer si des programmes de sensibilisation aux dangers des mines et des UXO y sont nécessaires. Enfin, de nouveaux programmes de prévention ont été ouverts en Erythrée, en Ethiopie, en Géorgie, au Liban, dans la Fédération de Russie (Tchétchénie) et dans la région du Kosovo.[40]
Au cours de la période couverte par le rapport, l’attention et les ressources financières se sont concentrées sur les programmes du Sud-Liban et particulièrement du Kosovo, où plus de vingt organisations et organismes mènent une action sensibilisation aux dangers des mines depuis deux ans.[41] D’autres organisations, comme HI-Belgique, ont déploré l’insuffisance des fonds alloués à leurs programmes de terrain dans d’autres domaines.[42]
En Afrique, des programmes ont été mis en place en Angola, au Burundi, en République démocratique du Congo (RDC), à Djibouti (notamment pour les réfugiés du Somaliland), en Erythrée, en Ethiopie, en Guinée-Bissau, à Maurice, au Mozambique, en Namibie, en Ouganda, au Rwanda, au Sénégal, au Somaliland[43] et au Soudan (Sud). Dans son évaluation des besoins effectuée au Tchad en juillet 2000, l’UNICEF a recommandé la mise en place d’un programme de liaison communautaire et de destruction des UXO dans l’est du pays. Mais à ce jour, aucune activité n’a été initiée, apparemment pour des raisons financières.[44]
En 1999, l’UNICEF a commandé une évaluation en profondeur de son programme de sensibilisation dans les provinces angolaises de Huila et Uige. L’évaluation a été cofinancée par l’UNICEF, CIET (Community Information and Epidemiological Technologies) et le ministère canadien des Affaires étrangères. Malgré des conclusions dans l’ensemble positives, le rapport d’évaluation indiquait que les étudiants sensibilisés dans le cadre du programme demeuraient moins susceptibles que les autres enfants de rester à l’écart d’une zone minée identifiée, de reconnaître des sites à haut risque et d’informer les membres de leur famille sur ce qu’il faut faire s’ils tombent sur une mine. Le programme a été modifié en conséquence, de façon à encourager les changements de comportement plutôt que d’informer uniquement sur les dangers des mines, et à élaborer un instrument de suivi simple ainsi que des supports d’informations dans les langues locales.[45]
En mars 2001, HI-Belgique a lancé en RDC un programme d’action contre les mines de six mois pour préparer, coordonner et mettre en œuvre un programme de déminage et de sensibilisation aux dangers des mines dans la région de Kisangani. En Ouganda, les programmes de sensibilisation ont été suspendus en octobre 2000 à Gulu et dans les districts voisins en raison de l’apparition de l’Ebola. Les activités de sensibilisation dans le nord et l’ouest du pays ont repris en avril dès que la région a été déclarée libérée de l’épidémie.
Au Mozambique, HI a provisoirement repris en charge la coordination de la sensibilisation des mains de l’Institut national pour le déminage, dépourvu des capacités et des ressources pour le faire. En collaboration avec le ministère de l’Education, la sensibilisation aux dangers des mines a été intégré au programme national et est enseignée dans les écoles depuis 2001. Au Malawi, une action de sensibilisation pourrait s’avérer nécessaire pour les civils vivant le long de la frontière avec le Mozambique.
Dans les Amériques, des programmes de sensibilisation aux dangers des mines existent en Colombie, au Costa Rica, au Guatemala, au Honduras, au Nicaragua et, à un degré limité, au Pérou. En Colombie, un projet-pilote de sensibilisation et d’assistance aux victimes, financé par l’Etat, a été et sera lancé dans trois départements parmi les plus touchés par les mines entre juin et décembre 2001. Son objectif est d’établir une base de données sur les victimes d’accidents par mines et sur les communautés concernées dans la perspective de créer une capacité locale d’action contre les mines, y compris des programmes de sensibilisation auprès des populations exposées.
La Croix-Rouge nicaraguayenne poursuit, avec l’appui de l’UNICEF et du CICR, son programme de sensibilisation « Enfant à Enfant » auprès des populations de la frontière septentrionale avec le Honduras. Ce programme ne s’appuie plus sur les célèbres bandes dessinées Superman et Wonder Woman.[46] En avril 2001, l’Organisation des Etats Américains et l’UNICEF ont organisé ensemble un séminaire réunissant l’ensemble des acteurs de la prévention dans l’action contre les mines afin de coordonner les messages et les approches au Nicaragua.
En Asie, d’importants programmes de sensibilisation suivent leur cours en Afghanistan, au Cambodge, au Laos et à Sri Lanka, tandis que des activités sont menées à une échelle plus réduite en Thaïlande et au Viet Nam.
Le programme de prévention en Afghanistan fait intervenir actuellement 150 formateurs à la sensibilisation et environ 2 000 bénévoles. Dans leurs activités de sensibilisation, les ONG utilisent chacune des approches différentes pour présenter une série d’informations clés. En 2000, plus d’un million de civils auraient bénéficié d’une sensibilisation aux dangers des mines dans plusieurs régions du pays.
Au Cambodge, la sensibilisation aux dangers des mines est engagée dans un tournant, sous la houlette de MAG. L’accent est mis, désormais, sur la liaison avec les communautés ; ce qui place les activités d’information et d’éducation sur les dangers des mines au second plan. Cette nouvelle approche reflète le haut niveau de sensibilisation déjà atteint chez la population civile ainsi que la reconnaissance du fait que les pressions économiques et autres ne seront pas résolues par la simple diffusion d’informations. Au Laos, une évaluation à petite échelle de la sensibilisation aux dangers des mines commandée par l’UNICEF a été effectuée en août 2000.
En Europe, des programmes de sensibilisation ont été lancés en Abkhazie, en Albanie, en Arménie, en Azerbaïdjan, en Bosnie-Herzégovine, en Croatie, en Géorgie, au Haut-Karabakh, au Kosovo et dans la Fédération de Russie (Tchétchénie et Ingouchie).
En Azerbaïdjan, l’UNICEF a officiellement annoncé en mai 2000 son intention de mettre en œuvre un programme de sensibilisation, mais aucune action dans ce sens n’avait encore été entreprise en décembre 2000. En février 2001, l’UNICEF aurait fait part du lancement d’un nouveau programme de sensibilisation à l’attention de 800 enseignants, 500 professionnels de la santé et 200 représentants d’organismes publics, en partenariat avec l’Agence nationale azerbaïdjanaise d’action contre les mines (ANÀÌÀ). Le 8 février 2001, la Campagne azerbaïdjanaise pour interdire les mines et d’autres organisations publiques ont adressé une lettre ouverte à l’UNICEF et à l’АNАМА faisant état de leurs préoccupations concernant le programme de sensibilisation.[47]
En Albanie, en juin 2000, une mission d’évaluation a été menée, conjointement par le CICR et une ONG spécialisée dans le déminage, pour déterminer l’ampleur du problème des mines et des UXO dans les trois districts les plus pollués.[48] Grâce à des contacts avec les autorités compétentes de Tirana, le CICR a aidé l’ONG à trouver des fonds pour mettre en place des programmes de déminage directement associés aux programmes de sensibilisation de la Croix-Rouge albanaise et du CICR, de façon à répondre aux besoins des populations affectées.[49] Ce programme de sensibilisation à base communautaire est également étroitement lié aux programmes d’assistance aux victimes. Le CICR a organisé le transfert de victimes d’accidents par mines depuis le nord de l’Albanie vers le centre de réadaptation de Tirana et a permis à ce même centre de poser des prothèses aux personnes amputées.[50]
En Croatie, à la suite de l’octroi de fonds canadiens, le Centre croate d’action contre les mines a demandé au CIGDH de procéder en septembre 2001 à une évaluation sur la situation en matière de sensibilisation.[51] Suite aux combats dans l’ex-république yougoslave de Macédoine, le CICR a réalisé une évaluation des besoins en juin 2001 afin d’estimer l’ampleur du problème des UXO. Un programme de sensibilisation aux dangers des UXO serait en cours d’élaboration par le CICR, en collaboration avec la Croix-Rouge macédonienne.[52]
Au Kosovo, après une phase initiale de prolifération des programmes de sensibilisation, le Centre de coordination de l’action contre les mines des Nations Unies (UNMACC) a renforcé son rôle de coordinateur en accréditant les organisations de sensibilisation opérant au Kosovo. En 2000, l’UNMACC a donc imposé que la sensibilisation aux dangers des mines soit incluse dans toutes les missions de dépollution, en s’appuyant sur le fait que la sensibilisation joue un rôle avant, pendant et après le déminage. Ce rôle est assumé par les « Equipes d’appui à l’action contre les mines ».[53] Toutes les organisations de sensibilisation sont déjà tenues de se conformer à des normes d’accréditation avant la mise en œuvre d’un projet donné. L’UNMACC contrôle les programmes de sensibilisation et gère une banque de données qui sert aux enquêtes sur les nouvelles victimes et à la planification, tout en alimentant le module « sensibilisation aux dangers des mines » du système IMSMA.
En Asie centrale, le CIGDH a conduit, en juin et juillet 2001, une mission d’évaluation de sensibilisation et d’information pour le bureau régional de l’UNICEF à Almaty. Cette évaluation a couvert trois pays : le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. A l’heure de la mise sous presse de ce rapport, les conclusions et recommandations de la mission n’ont pas encore été rendues publiques. En outre, le CICR prévoyait de procéder à une évaluation des besoins en sensibilisation au Tadjikistan à l’été 2001 avec l’aide de l’expertise de sa délégation de Moscou.
En Afrique du Nord et au Moyen-Orient, des programmes ont été lancés en Iran (dans la province kurde), en Iraq (Kurdistan iraquien), en Jordanie, au Koweït, au Liban, en Palestine, en Syrie (notamment sur le Plateau du Golan) et au Yémen. Au Liban, après le retrait israélien du sud du pays, un grand nombre d’acteurs, dont le Hezbollah, le CICR, le Centre de documentation sur les mines, la Croix-Rouge libanaise, Rädda Barnen, l’UNESCO et l’UNICEF ont mené des activités de sensibilisation aux dangers des mines ainsi que des interventions d’urgence. En Libye, les autorités auraient mis en place une formation à la sensibilisation, pouvant inclure un entraînement au déminage.
En Egypte, les activités de sensibilisation aux dangers des mines du Landmine Struggle Center, unique ONG active dans ce domaine dans les régions touchées, ont dû être réduites pour des raisons financières. Le CICR a commencé à recueillir des données sur les victimes de mines et d’UXO dans le sud de l’Iraq, phase préliminaire à la définition d’une stratégie de sensibilisation appropriée. En 2000, le CICR s’est entretenu avec les autorités locales et le Croissant-Rouge iraquien au sujet de cette collecte de données et des futurs projets d’activités de sensibilisation aux mines, dans la perspective d’aboutir à un accord avec les autorités. L’étape suivante réside dans une évaluation en profondeur des besoins, prévue pour juillet 2001. Dans le Sahara occidental, un programme de prévention aux dangers des mines de NPA s’est achevé en mai 2000. Conformément au Plan pour la Paix des Nations Unies, le Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR) sera chargé de procéder à une sensibilisation auprès des réfugiés sahraouis avant leur rapatriement.
Dans le processus mis en œuvre pour professionnaliser la sensibilisation aux dangers des mines, plusieurs évolutions importantes ont été enregistrées à l’échelon international, la plupart sous la houlette de l’UNICEF, qui, au sein des Nations Unies, s’intéresse particulièrement à la prévention des accidents par mines. En septembre 2000, suite à l’adoption par les Nations Unies de Directives internationales sur la prévention des accidents par mines et engin non explosé,[54] l’UNICEF a présenté à la Deuxième Conférence des Etats Parties les versions « préliminaires » de deux modules de formation à la prévention. Chacun de ces modules, financé par le Département d’Etat américain, comprend un guide de formation et un manuel de ressources. Le premier s’adresse aux administrateurs de programmes de sensibilisation, responsables de la planification et de la mise en œuvre des activités dans un contexte donné. Le second est, quant à lui, dédié à la formation de « facilitateurs communautaires », qui travailleront sur le terrain auprès des communautés concernées.
Cependant, en mai 2001, l’Unité ressource sur les mines de l’UNICEF a annoncé l’abandon de ce projet, du fait d’une participation insuffisante au développement de ces modules.[55] L’UNICEF a, par la suite, déclaré qu’ils avaient servi à la formation de formateurs dans le Caucase du Nord en septembre 2000 mais qu’ils « sont actuellement révisés dans le cadre de l’élaboration de Normes internationales de sensibilisation aux dangers des mines et UXO/éducation pour la réduction du risque ».[56] Dans le même temps, l’UNICEF a indiqué qu’il « coordonne[rait] la mise au point d’une série de manuels présentant, étape par étape, différents aspects de la sensibilisation aux dangers des mines/éducation pour la réduction du risque, en s’inspirant des exemples concrets des organismes et acteurs de la sensibilisation »[57] On ignore exactement comment ces manuels méthodologiques feront le lien avec les manuels de ressources existants.
En outre, l’UNICEF, qui est en train de réviser sa stratégie d’action contre les mines,[58] a annoncé son intention d’élaborer des Guidelines for the Monitoring and Evaluation (M&E) of Mine Awareness Programs and International Standards for Landmine and UXO Awareness/Risk Reduction Education Programs.[59] Les Normes, qui seront définies en tenant compte des Normes internationales pour l’action contre les mines (IMAS)[60], remplaceront les Directives de l’ONU, tandis que les Directives pour l’observation et d’évaluation deviendront des normes techniques attachées aux Normes IMAS[61] L’UNICEF a fait part de son intention de créer un groupe de travail chargé de guider l’élaboration des normes, une première rencontre devant avoir lieu à Genève vers la fin du mois d’août 2001.[62]
Le Service d’action contre les mines des Nations Unies (UNMAS) et l’UNICEF ont confié à CARE le soin de préparer un Manuel de sécurité sur les mines et les munitions non explosées, accompagné d’une vidéo et d’un module de formation. Ce matériel fournira au personnel de l’ONU, aux forces de maintien de la paix et aux ONG des consignes de sécurité sur les dangers des mines et des UXO dans les pays concernés.
Handicap International se montre également très active dans la promotion de la sensibilisation aux dangers des mines, particulièrement à travers la publication de son « Guide 2001 pour mettre en œuvre un PEPAM ». Ce guide, qui « doit être considéré comme un outil d’accompagnement, couvrant un large éventail de fonctions et d’actions liées aux projets PEPAM [,] ... constitue une analyse et une capitalisation de l’expérience d’Handicap International (France et Belgique) dans la mise en œuvre de ce type de programme éducationnel pendant près de dix ans dans sept pays du monde »[63]. Il est divisé en quatre sections : « Avant l’ouverture » (mission exploratoire), « Mise en place des moyens humains et techniques » (partenariat, recrutement du personnel local, formation et message), « Mise en œuvre » (communication, recueil de données, suivi et base de données) et « Prolongement » (pérennisation, évaluation et capitalisation).
Le 7 mars 2001, lors de l’assemblée générale de l’ICBL, un plan sur quatre ans a été adopté pour le Sous-groupe sur la sensibilisation aux dangers des mines (issu du Groupe de travail de l’ICBL sur l’Action contre les mines), avec les objectifs suivants : promouvoir l’amélioration qualitative des programmes de sensibilisation ; défendre et maintenir une attention renforcée à l’égard de la sensibilisation aux dangers des mines lors des réunions des comités permanents, des Etats Parties et parmi les acteurs de l’action contre les mines en général ; défendre et fournir une ligne de conduite à la communauté internationale sur les besoins en sensibilisation (lieu, forme, méthode) ; défendre et encourager le développement d’un nombre accru de programmes ainsi que leur pérennité.[64]
La première année, le Sous-groupe avait pour objectifs d’améliorer la coopération entre l’ICBL, l’UNICEF, l’UNMAS, le CICR, de rechercher une approche commune pour la Troisième Conférence des Etats Parties, d’encourager la clarification des mandats et activités respectifs (de l’UNICEF, du CICR et CIGDH en particulier), de réunir, synthétiser et présenter la contribution des membres du groupe de travail dans différents forums, de lancer un code de bonne conduite sur le partage des outils de sensibilisation, d’en faire le suivi, de servir de signal d’alarme pour toutes les agences de sensibilisation de l’ICBL et d’améliorer le partage des informations (Séminaire d’Aden, enseignements tirés, banques de données des centres de ressources).
Jusqu’à présent, les rencontres des comités permanents intersessionnels ont relativement peu contribué au développement de la sensibilisation aux dangers des mines, associée à l’assistance aux victimes dans l’article 6 de la Convention d’interdiction des mines. Il a d’ailleurs été proposé de transférer le thème de la sensibilisation vers le comité sur le Déminage et les Technologies afférentes,[65] question qui sera tranchée à la Troisième Conférence des Etats Parties. Le Sous-groupe de l’ICBL sur la sensibilisation a demandé que du temps supplémentaire lui soit accordé dans les rencontres des comités permanents pour débattre de la sensibilisation ;[66] ce sont les coprésidents et co-rapporteurs des comités permanents concernés qui en décideront. Pendant les réunions des comités de mai 2001, l’UNICEF a organisé le premier « User Focus Group » (UFG) inter-agences sur la sensibilisation aux dangers des mines sous les auspices de l’UNMAS. Les objectifs initialement affichés de l’UFG étaient de « fournir un dispositif propre à la coopération inter-agences afin de soutenir le développement de programmes de sensibilisation de meilleur qualité, de capacités accrues pour répondre aux besoins de la sensibilisation – particulièrement en situation d’urgence –, de modèles d’action contre les mines intégrant l’ensemble des composantes – mutuellement renforcés et durables –, et des liens entre l’action contre les mines et d’autres secteurs des activités humanitaires et de développement ».[67] Il était prévu d’organiser une deuxième rencontre du groupe, rebaptisé par la suite Groupe de travail sur la sensibilisation aux dangers des mines, qui se réunira avec le statut de sous-comité du Comité de Pilotage sur l’action contre les mines, à l’occasion de la Troisième Conférence des Etats Parties à Managua.[68]
Une attention accrue a été accordée en 2000 et 2001 à l’utilisation des médias, outils et support dans la sensibilisation aux dangers des mines. Ils constituent souvent l’épine dorsale des programmes, malgré les doutes quant à leur efficacité pédagogique et à leur rentabilité. Dans le but de traiter ces questions stratégiques, le Centre International de Genève pour le Déminage Humanitaire (CIGDH) a lancé, en novembre 2000, une étude sur l’utilisation des médias et des supports dans les programmes de sensibilisation, en se concentrant sur trois pays/situations différentes : le Cambodge, le Kosovo et le Nicaragua. Financée par le Département d’Etat américain, l’étude devrait être publiée vers fin 2001.
Du 19 au 22 février 2001, Rädda Barnen (Save the Children-Suède) a organisé à Aden, au Yémen, un Séminaire international sur la conception de supports, ressources et autres outils médiatiques pour les programmes de sensibilisation aux dangers des mines (baptisé Séminaire d’Aden). Ses 35 participants originaires de 20 pays avaient pour objectif de discuter de la conception de toutes les formes de médias (c’est-à-dire l’ensemble des outils et ressources, et pas seulement les mass-media) utilisés dans les programmes de sensibilisation aux dangers des mines. A travers un panel de présentations, groupes de travail et séances plénières, le séminaire a consisté à échanger des expériences, à en tirer des enseignements et à identifier les besoins non satisfaits, cela afin de renforcer l’efficacité des programmes futurs.[69]
Dans le rapport du Séminaire, quatorze enseignements principaux ont été identifiés. Notamment : la participation de la communauté est essentielle pour l’efficacité et la pérennité d’un programme ; l’adaptation de supports propres à une situation donnée dans un autre contexte n’est pas recommandée ; l’essai sur le terrain des ressources, outils, supports et documentations est primordial avant une diffusion généralisée ; une amélioration efficace des programmes de sensibilisation exige une coordination et un appui opérationnel accrus au niveau international et local.[70]
HI a informé le Séminaire d’Aden des avancées de son processus d’évaluation interne des outils de prévention des accidents par mines utilisés en Afghanistan, en Angola, en Bosnie-Herzégovine, en Ethiopie, au Mozambique et au Sénégal. Cette évaluation consiste à examiner si ces outils permettent de créer une dynamique éducative durable au sein de la communauté, et s’intéresse à la pertinence des messages ainsi qu’aux voies de transmission utilisées. La méthodologie repose sur les entretiens et un atelier analytique. Les résultats devraient être publiés avant la fin 2001.[71]
HI a également fait part de son intention de poursuivre l’adoption d’un code de bonne conduite éthique sur la question « comment partager les outils », suite aux inquiétudes suscitées par le détournement des supports de sensibilisation et d’éducation.[72] Un projet de code de bonne conduite, mis en circulation en avril 2001, a déterminé cinq conditions nécessaires pour qu’une organisation partage avec une autre les concepts de ses outils de sensibilisation :
| <Précedent | Suivant> |
[36] Cf. « Case Study of Kosovo », annexe 1, A Study of Socio-Economic Approaches to Mine Action, (Genève: PNUD et CIGHD, mars 2001), pp 106-107 et 114-115.
[37] Contribution de l’UNICEF à l’Observatoire des Mines —Annexes, non datée mais reçue le 13 juillet 2001.
[38] Information fournie par Hugues Laurenge, Responsable de la coordination PEPAM, HI, Lyon.
[39] Information fournie par Stan Brabant et Véronique Royen, HI, Bruxelles, juin 2001.
[40] Contribution du CICR à l’Observatoire des Mines —Annexes, 1er juin 2001.
[41] Pour en savoir plus sur la prévention des accidents par mines au Kosovo, lire « An Analytical Review of the State of Mine Awareness », en annexe au Rapport 2001 de l’Observatoire.
[42] Information envoyée par e-mail par Stan Brabant, Responsable de l’Unité Mines, HI-Belgique, 24 juillet 2001.
[43] Cf. Lionel Dyck et Bob Macpherson, « An Outline for Mine Awareness Action, » Journal of Mine Action, Edition 4.3, Automne 2000, pp 24-28.
[44] Information fournie par l’UNICEF, 10 mai 2001.
[45] Aparna Swaminatham et al., « Angola Mine Awareness Evaluation: Summary », UNICEF, ministère canadien des Affaires étrangères et CIET (Community Information and Epidemiological Technologies), 31 juillet 2000. Cf. le compte rendu sur l’Angola dans le Rapport 2001.
[46] Lettre de Esperanza de Morales, président de la Croix-Rouge nicaraguayenne, à l’Observatoire, 12 janvier 2001. Cf. « Programmes du CICR de sensibilisation aux dangers des mines et UXO dans le monde », <www.icrc.org/icrceng.nsf>, mis à jour le 20 avril 2001. Information rapportée dans le compte rendu sur le Nicaragua du Rapport 2001.
[47] Information rapportée dans le compte rendu sur l’Azerbaïdjan du présent Rapport de l’Observatoire.
[48] Laurence Desvignes, « Les programmes internationaux de sensibilisation aux dangers des mines et UXO de la Croix-Rouge », Journal of Mine Action, Edition 4.3, Automne 2000, p 7.
[49] Cf. « Programmes du CICR de sensibilisations aux dangers des mines et UXO dans le monde », <www.icrc.org/icrceng.nsf>, 19 juillet 2001.
[50] Ibid.
[51] Information fournie par Eric Filippino, responsable du Groupe d’étude socio-économique, CIGDH, 15 juillet 2001.
[52] Information fournie par le CICR, 11 juillet 2001; cf. le compte rendu sur la Macédoine dans le Rapport 2001.
[53] Pour plus de détails, cf. « An Analytical Review of the State of Sensibilisation aux dangers des mines », dans les annexes du Rapport 2001.
[54] Les Directives internationales ont été officiellement présentées à la communauté internationale durant la Première Conférence des Etats Parties en mai 1999.
[55] Remarques formulées pendant la réunion du « User Focus Group » sur la sensibilisation aux dangers des mines de l’UNICEF/UNMAS, Genève, 10 mai 2001.
[56] Contribution de l’UNICEF à l’Observatoire des Mines —Annexes, non datée, mais reçue le 13 juillet 2001.
[57] Ibid.
[58] L’UNICEF a déclaré s’être, en 2001, « engagé dans un processus de consultation avec d’autres intervenants de l’action contre les mines afin de mieux définir son rôle et de développer une stratégie. Cette consultation devrait s’achever vers [fin] 2001, et viendra compléter la stratégie d’action contre les mines des agences et le projet de préparation et de réponse à l’urgence de l’ONU, ainsi que les propres travaux de l’UNICEF dans le domaine de la santé, de l’éducation et de la protection de l’enfance, surtout dans les situations d’urgence », contribution de l’UNICEF à l’Observatoire —Annexes, non datée mais reçue le 13 juillet 2001.
[59] Contribution de l’UNICEF à l’Observatoire des Mines—Annexes, non datée, mais reçue le 13 juillet 2001. Cf. aussi Landmine Monitor Report 2000, pp 39-40.
[60] Remarques formulées pendant la réunion du « User Focus Group » sur la sensibilisation aux dangers des mines de l’UNICEF/UNMAS, Genève, 10 mai 2001
[61] Contribution de l’UNICEF à l’Observatoire des Mines—Annexes, non datée, mais reçue le 13 juillet 2001.
[62] E-mail de Polly Brennan, Unité de ressources pour les mines de l’UNICEF, 11 juillet 2001.
[63] Lettre de Bill Howell et Hugues Laurenge, HI, Lyon, 20 juillet 2001.
[64] Cf. <www.icbl.org> pour en savoir plus sur le Sous-groupe de l’ICBL sur à la sensibilisation aux dangers des mines.
[65] Compte rendu de la réunion du comité permanent sur l’Assistance aux victimes, la réinsertion socio-économique et la sensibilisation aux dangers des mines, 7-8 mai 2001, Genève, para. 24.
[66] Ibid.
[67] Termes provisoires du « User Focus Group » sur la sensibilisation aux dangers des mines, envoyés avec l’e-mail de Polly Brennan, Unité de ressources pour les mines de l’UNICEF, 11 avril 2001.
[68] E-mail de Polly Brennan, Unité de ressources pour les mines de l’UNICEF, 11 juillet 2001.
[69] Synthèse du rapport du Séminaire international sur la conception de supports, ressources et autres outils médiatiques pour les programmes de sensibilisation aux dangers des mines, Rädda Barnen, Beyrouth, May 2001.
[70] Ibid..
[71] Présentation de Hugues Laurenge, Responsable de la coordination PEPAM, HI, Lyon, au Séminaire d’Aden, 19 février 2001.
[72] Ibid, 22 février 2001.
| <Précedent | Suivant> |