Landmine Monitor  
Toward A Mine-free World  
HOME     RESEARCH     NEWS     ORDER     CONTACTS     COMMENTS     FACTSHEETS
REPORTS:     2007     2006     2005     2004     2003     2002     2001     2000     1999
LM Report 2003 
<Amériques | Résumé | Europe et Asie Centrale>

Asie/Pacifique

Politique d'interdiction des mines

Dix-sept des 40 pays de la région Asie/Pacifique sont Etats Parties à la Convention d'interdiction des mines : Afghanistan, Australie, Bangladesh, Cambodge, Fidji, îles Salomon, Japon, Kiribati, Malaisie, Maldives, Nauru, Niue, Nouvelle-Zélande, Philippines, Samoa, Thaïlande et Timor Leste. Deux pays ont accédé à la Convention pendant la période à l'examen : l'Afghanistan, le 11 septembre 2002, et le Timor Leste, le 7 mai 2003. Cinq pays signataires ne l'ont toujours pas ratifiée : Brunéi, îles Cook, îles Marshall, Indonésie et Vanuatu.

Dix-huit Etats de la région n'ont pas encore rejoint la Convention. Parmi les non-signataires figurent de grands producteurs et détenteurs de mines antipersonnel tels que la Chine, la Corée du Sud, l'Inde, le Pakistan et Singapour, ainsi que des pays fortement touchés par les mines, dont la Birmanie (Myanmar), le Laos, Sri Lanka et le Viet Nam. Les autres non-signataires sont : Bhoutan, Corée du Nord, Micronésie, Mongolie, Népal, Palau, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Tonga et Tuvalu.

Le Laos et Sri Lanka sont en train de revoir leur position sur la Convention d'interdiction des mines et envisagent d'y accéder. Les procédures internes de ratification suivent leur cours en Indonésie et dans les îles Cook, tandis que le mécanisme d'accession a été enclenché en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

En novembre 2002, sept pays non signataires de la région ont voté en faveur de la résolution 57/74 de l'Assemblée générale des Nations Unies, qui prône l'universalisation et la pleine mise en œuvre de la Convention d'interdiction des mines : Bhoutan, Mongolie, Népal, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Singapour, Sri Lanka et Tonga. Parmi les signataires, le Brunéi et l'Indonésie ont voté pour, les autres n'ayant pas pris part aux votes. Au nombre des 23 pays qui se sont abstenus, on compte la Chine, la Corée du Sud, l'Inde, la Micronésie, le Pakistan et le Viet Nam.

Pendant la période à l'examen, aucun Etat Partie n'a adopté de législation nationale en vue d'appliquer les dispositions de la Convention d'interdiction des mines. Seuls cinq Etats Parties de la région Asie/Pacifique sont dotés d'une législation à cet égard : Australie, Cambodge, Japon, Malaisie et Nouvelle-Zélande. Le Bangladesh a fait savoir que sa loi nationale d'application était dans la phase finale de préparation, tandis qu'une législation similaire est attendue aux Philippines.

Tous les Etats Parties, à l'exception de Nauru et des îles Salomon, ont soumis leur premier rapport de transparence en vertu de l'article 7. Seuls les Fidji, Kiribati, les Maldives, Niue et Samoa n'ont toujours pas présenté leur rapport annuel de mise à jour.

Quatorze pays de la région étaient représentés à la Quatrième Rencontre des Etats Parties en septembre 2002, dont cinq pays non signataires : Mongolie, Népal, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Singapour et Sri Lanka. A cette occasion, la proposition de la Thaïlande d'accueillir la Cinquième Rencontre des Etats Parties à Bangkok, en septembre 2003, a été approuvée. En outre, l'Australie est devenue corapporteur du Comité permanent sur l'Assistance aux victimes et le Cambodge corapporteur du Comité permanent sur le Déminage. Quinze pays, dont la Chine, ont pris part à l'une des réunions du Comité permanent intersessionels de février et de mai 2003.

Neuf Etats Parties de la région Asie/Pacifique (Australie, Bangladesh, Cambodge, Japon, Malaisie, Nouvelle-Zélande, Philippines, Thaïlande et Timor Leste) ont constitué, avec l'Indonésie, le Canada et la Norvège, le Bangkok Regional Action Group (BRAG) dans le but de promouvoir les initiatives de lutte contre les mines dans la région en prévision de la Cinquième Rencontre des Etats Parties.

Du 26 et 28 mars 2003, le Cambodge a accueilli à Phnom Penh un séminaire régional intitulé "Building a Co-operative Future for Mine Action in South East Asia".

Dans la déclaration finale de leur XIIIe rencontre, qui s'est tenue à Kuala Lumpur du 25 au 27 février 2003, les pays du Mouvement des non alignés ont condamné l'emploi des mines antipersonnel. Les membres du Mouvement, parties à la Convention d'interdiction des mines, ont encouragé instamment les autres à rejoindre la Convention.

Du 27 au 31 janvier 2003, l'Inter Religious Peace Foundation a accueilli à Colombo la rencontre des chercheurs de l'Observatoire des Mines pour la région Asie/Pacifique.

Emploi

Pendant la période à l'examen, l'utilisation de mines antipersonnel et d'engins explosifs improvisés a été constatée dans cinq pays asiatiques. Au Népal, les responsables gouvernementaux et militaires ont, pour la première fois, admis l'emploi de mines antipersonnel par les forces de sécurité. Tant les autorités népalaises que les rebelles maoïstes ont intensifié l'usage des mines antipersonnel et des engins explosifs improvisés en 2002, dans les 75 districts du pays. Néanmoins, on recense très peu, voire aucun cas d'utilisation depuis le cessez-le-feu de janvier 2003.

Au milieu de l'année 2002, les forces indiennes et pakistanaises ont mis fin à leurs opérations de dissémination massive de mines, au cours desquelles plusieurs millions de mines ont vraisemblablement été dispersées à proximité de la frontière. Par ailleurs, en Inde, des groupes militants ont continué de faire usage de mines et d'engins explosifs improvisés au Jammu-et-Cachemire. L'utilisation de mines par au moins cinq autres acteurs non étatiques a été signalée dans d'autres Etats indiens au cours de la période à l'examen.

Au Myanmar, des mines continuent d'être posées par l'armée ainsi que par 15 groupes rebelles au moins, soit deux de plus que l'an passé. Aux Philippines, trois groupes rebelles, dont le Front de libération islamique Moro, ont employé des mines antipersonnel et des engins explosifs improvisés, bien qu'ils aient signé l'Appel de Genève pour l'adhésion à l'interdiction totale de l'emploi des mines.

En outre, on a enregistré un petit nombre d'incidents liés à l'emploi d'engins explosifs improvisés dans les conflits d'Ambon et d'Aceh, en Indonésie, ainsi que des cas d'emploi sporadique de mines par la résistance en Afghanistan.

Au Sri Lanka, aucun cas d'utilisation de mines n'a été signalé dans les rangs des forces gouvernementales ou des LTTE depuis les cessez-le-feu de décembre 2001.

Production et transfert

Neuf des 15 producteurs actuels sont originaires de la région Asie/Pacifique : Chine, Corée du Nord, Corée du Sud, Inde, Myanmar, Népal, Pakistan, Singapour et Viet Nam. Cette année, l'Observatoire des Mines a ajouté à cette liste le Népal, après l'aveu, par des responsables gouvernementaux, que des mines ont bien été fabriquées.

L'Inde et le Pakistan s'emploient activement à mettre au point de nouvelles mines antipersonnel qui soient autorisées par le Protocole II modifié de la CCW. Les fabriques d'armes pakistanaises contrôlées par l'Etat produisent de nouveaux modèles de mines posées manuellement et détectables ainsi que des mines dispersables pourvues de mécanismes d'autodestruction et d'autodésactivation. L'Inde a indiqué satisfaire toutes les exigences techniques et financières pour fabriquer de nouvelles mines antipersonnel détectables. La Chine a déclaré ne plus produire de mines antipersonnel non pourvues de mécanismes d'autodestruction depuis 1997. La Corée du Sud a indiqué ne pas avoir produit de mines antipersonnel, y compris de type Claymore, en 2002. Singapour, en revanche, a confirmé qu'il continuait de fabriquer des mines antipersonnel. Il apparaît que, durant la période à l'examen, des groupes rebelles ont fabriqué et utilisé de grandes quantités de mines antipersonnel artisanales en Birmanie, en Inde, au Népal et aux Philippines.

Tous les producteurs, excepté le Myanmar et la Corée du Nord, ont décrété un moratoire sur les exportations ou ont officiellement cessé d'exporter des mines antipersonnel. La Chine a reconduit son moratoire limité dans le temps en décembre 2002. Toujours en décembre 2002, la Corée du Sud a annoncé que son moratoire portait désormais sur une durée indéfinie.

Stocks et destruction

Selon les estimations de l'Observatoire des Mines, la Chine détient le plus grand stock de mines antipersonnel au monde, avec 110 millions d'unités. Par le passé, l'Observatoire des Mines classait le Pakistan et l'Inde aux quatrième (avec 6 millions) et cinquième (entre 4 et 5 millions) rangs des détenteurs mondiaux. Ces estimations sont probablement devenues inexactes depuis les opérations de dissémination massive conduites en décembre 2001 et début 2002. Le gouvernement sud-coréen a confirmé détenir deux millions de mines antipersonnel. Parmi les autres pays détenteurs de stocks figurent des non-signataires (Birmanie/Myanmar, Corée du Nord, Laos, Mongolie, Népal, Singapour, Sri Lanka et Viet Nam), ainsi que des signataires (Brunéi et Indonésie).

Le Bangladesh est le seul Etat Partie de la région Asie/Pacifique qui ait un stock à détruire. Il a pour la première fois déclaré détenir 204 227 mines antipersonnel, indiquant qu'il en conserverait 15 000 pour la formation (chiffre parmi les plus élevés de tous les Etats Parties). Le Bangladesh devrait devenir corapporteur du Comité permanent sur la Destruction des stocks en septembre 2003.

Le Japon a fini d'éliminer son stock de 1 000 089 mines antipersonnel le 8 février 2003. La Thaïlande a achevé d'éliminer ses 337 725 mines antipersonnel en avril 2003. En 2002, Taiwan a transféré 42 175 mines antipersonnel vers l'Allemagne en vue de leur destruction, comme l'y autorise l'article 3 de la Convention d'interdiction des mines.

Problème des mines

Dans la région Asie/Pacifique, 15 pays, plus Taiwan, sont touchés par les mines et les munitions non explosées. L'Afghanistan reste l'un des pays les plus touchés de la planète avec plus de 780 millions de m² de terrains minés, dont 404 millions de m² sont classés hautement prioritaires, car il s'agit de zones résidentielles, de terres privées, de routes et de zones d'irrigation agricole. Au Sri Lanka, des relevés sont en cours pour étudier l'ampleur du problème posé par les mines. Une étude réalisée dans des zones sous contrôle gouvernemental a révélé la présence de champs de mines sur un territoire de 14,49 millions de m² et identifié 8,3 millions de m² de terres à risques, qui nécessitent une autre étude. Dans les zones minées par les LTTE, 156 champs de mines et 48 zones suspectes ont été recensés.

Le Cambodge est lui aussi l'un des pays les plus gravement touchés par les mines et les UXO dans le monde. Selon l'enquête de niveau 1 achevée en mai 2002, 2,5 % de la superficie du pays pourrait être polluée par les mines ou les UXO. Cependant, d'aucuns jugent exagérée l'ampleur donnée au problème, et le gouvernement a pris comme base de travail 10 % de l'estimation de l'étude, indiquant que la superficie à déminer avoisine probablement 425 millions de m².

Au Népal, des incidents liés aux mines et aux engins explosifs improvisés ont été signalés dans 72 des 75 districts du pays. En Inde, des opérations de déminage sont conduites tout le long de la frontière de 2 900 km qui sépare le pays du Pakistan et traverse les Etats de Gujurat, Rajastan, Punjab et la partie du Cachemire sous contrôle indien. Au Pakistan, des mines sont enlevées le long de la frontière avec l'Inde, tandis que la zone tribale sous administration fédérale reste confrontée au plus grave problème jamais posé par les mines, lequel date de la guerre soviétique en Afghanistan dans les années 1980.

Au Viet Nam, le ministère de la Défense estime que 7 à 8 % du pays est affecté par les mines et UXO. Chacune des 61 provinces est concernée, de même que les grandes villes. Au Laos, 15 des 18 provinces du pays sont touchées par les UXO. En Birmanie, neuf des 14 Etats et divisions administratives sont affectés par les mines, en particulier l'est du pays. En Thaïlande, la plupart des 934 zones minées recensées dans 27 provinces ne sont plus balisées, sauf là où des opérations de déminage sont en cours.

En Afghanistan, une étude sur l'impact des mines a été lancée en 2003. Pendant la période à l'examen, des études et évaluations d'ordre général étaient en cours au Cambodge, au Laos, au Pakistan, au Sri Lanka et en Thaïlande.

Financement de l'action contre les mines

En 2002, en faisant passer à 49,4 millions USD sa contribution financière à l'action contre les mines, le Japon l'a pratiquement multipliée par sept par rapport à l'année précédente et s'est classé au deuxième rang mondial des donateurs. Les programmes d'action contre les mines en Afghanistan en ont reçu près de la moitié. Entre 1998 et 2002, le Japon a consacré 91,3 millions USD à l'action contre les mines. Pour l'année budgétaire 2002/2003, l'Australie s'est engagée à allouer 8,7 millions USD en faveur des activités d'action contre les mines, sa plus forte contribution jamais enregistrée. Durant l'exercice budgétaire 2001/2002, la Nouvelle-Zélande a fourni un appui en espèces et en nature de 1,85 million NZD (1,05 million USD) aux programmes d'action contre les mines, contre 2,3 millions NZD en 2000/2001. La Chine a fait un don de 3 millions USD sous la forme de matériel de déminage à l'Erythrée et au Liban. La Corée du Sud a alloué 100 000 USD à l'action contre les mines en 2002.

En Afghanistan, en 2002, l'aide financière accordée à l'action contre les mines dans le pays a affiché une hausse fulgurante après la chute des talibans. L'Afghanistan a été l'un des principaux bénéficiaires dans le monde, en 2002, avec 64,3 millions USD environ, soit plus de quatre fois le total de 14,1 millions USD atteint en 2001. De 1991 à 2002 inclus, l'encours du financement de l'action contre les mines s'est élevé à 254 millions USD, ce qui, là encore, place l'Afghanistan au premier rang mondial.

Au Cambodge, les dons en faveur de l'action contre les mines ont totalisé 27,3 millions USD, marquant ainsi une hausse significative par rapport aux 21 millions USD offerts en 2001. Au Laos, au milieu de 2002, une crise financière a provoqué un fort ralentissement des opérations de déminage ainsi que le licenciement de près de la moitié du personnel opérationnel de UXO LAO. A la fin de l'année, selon les informations recueillies par l'Observatoire des Mines, 15 donateurs avaient versé plus de 8 millions à l'action contre les mines au Laos.

Au Viet Nam, le financement de l'action contre les mines a plus que triplé en 2002, pour atteindre 17,7 millions USD, sur lesquels 11,9 millions USD proviennent du Japon. Le Viet Nam se situe ainsi au quinzième rang mondial des bénéficiaires. Au Sri Lanka, la quasi-totalité des opérations de déminage ont été arrêtées en 2000 et 2001, en raison des combats, mais, après le cessez-le-feu de février 2002, l'aide financière allouée à l'action contre les mines a totalisé 6 millions USD environ. En Thaïlande, les donateurs étrangers ont offert quelque 1,7 million USD à l'action contre les mines, contre 2,6 millions USD en 2001. Les autorités et les fondations du pays y ont, quant à elles, consacré un million de dollars américains.

Déminage

Pendant la période à l'examen, des activités de déminage humanitaire menées par les acteurs internationaux, nationaux et non gouvernementaux étaient en cours en Afghanistan, au Cambodge et en Thaïlande, Etats Parties, ainsi qu'au Laos, au Sri Lanka et au Viet Nam, non parties à la Convention. En 2002, les ONG ont intensifié leurs activités de déminage, surtout en Afghanistan et à Sri Lanka.

En Afghanistan, le déminage opéré par les ONG nationales et internationales s'est considérablement étendu, grâce à un budget qui a plus que quadruplé. En 2002, les organismes de l'action contre les mines ont dépollué 22,5 millions de m² de terres minées et 88,6 millions de m² d'anciennes zones de combat, contre 15,6 millions de m² déminés en 2001. L'ONU a provisoirement suspendu ses opérations de déminage dans les provinces orientales et méridionales suite à une série d'attaques dirigées à partir d'avril 2003 contre le personnel de déminage et d'autres agents de l'aide humanitaire. L'autorité cambodgienne pour l'action contre les mines et l'assistance aux victimes (CMAA) indique qu'environ 34,7 millions de m² de terrain ont été dépollués en 2002, contre 21,9 millions de m² en 2001. Cette hausse résulte essentiellement de l'élargissement des activités de déminage menées par les forces armées cambodgiennes.

Au Sri Lanka, le cessez-le-feu de février 2002 a permis aux activités de l'action contre les mines de s'accroître de façon considérable : en 2002, 16 356 485 m² de terrain ont été dépollués, avec 36 880 mines et 10 198 UXO enlevées. Au Laos, 8,4 millions de m² de terrain ont été dépollués et 98 963 UXO détruites. Entre 1975 et 2002, le Viet Nam a signalé que 1,2 milliard de m² de terrain avait été débarrassé de 4 millions de mines et de 8 millions d'UXO. En Thaïlande, le Centre thaïlandais d'action contre les mines a dépollué 368 351 m² de terrain en 2002.

Après le retrait, en octobre 2002, de leurs troupes stationnées à la frontière, l'Inde et le Pakistan ont entrepris des opérations de déminage. Le Pakistan a déclaré avoir dépollué la majeure partie de ses champs de mines, l'Inde ayant pour sa part indiqué l'enlèvement de 85 % des mines posées par ses troupes. En septembre 2002, les deux Corées ont entrepris de déminer la zone démilitarisée en vue de mettre en œuvre un projet de transports intercoréen. Par ailleurs, l'armée sud-coréenne a enlevé plus de 6 000 mines disséminées autour de sept camps et bases militaires. La Chine a annoncé le lancement de nouvelles activités de déminage le long de sa frontière avec le Viet Nam.

Des opérations de déminage limité ont été réalisées au Népal et aux Philippines à des fins militaires. En 2002, la prospection par des démineurs villageois et des "chasseurs de bombe" a eu lieu au Cambodge, en Birmanie, au Laos, au Pakistan et au Viet Nam. A Taiwan, sur l'île de Kinmen, une société commerciale a débarrassé un terrain de 66 362  m² de 5 165 mines antipersonnel.

En Birmanie, des unités militaires ont, à plusieurs reprises, été accusées de forcer des civils à servir de porteurs et à marcher devant les patrouilles dans les zones suspectes afin de déclencher les mines.

Coordination et planification de l'action contre les mines

L'Observatoire des Mines relève l'existence d'un organe de coordination et de planification dans cinq des 15 pays touchés par les mines de la région Asie/Pacifique : Afghanistan, Cambodge, Laos, Sri Lanka et Thaïlande. Au Sri Lanka, le Comité directeur national de l'action contre les mines (NSCMA) a été mis en place fin 2002.

En 2002, l'Observatoire des Mines a constaté l'existence d'un plan national d'action contre les mines en Afghanistan, au Cambodge, au Laos et en Thaïlande. En Afghanistan, un plan stratégique dévoilé début 2003 propose la conduite d'un programme de déminage accéléré afin de débarrasser de toute mine les secteurs classés hautement prioritaires dans un délais de cinq ans. Au Cambodge, un plan d'action contre les mines a été élaboré en vue d'être intégré dans la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté, de même qu'ont été définies les lignes d'orientation d'une stratégie à long terme pour l'action contre les mines.

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) offre son aide à la gestion des programmes d'action contre les mines en Afghanistan, au Cambodge, au Laos et au Sri Lanka.

Education aux dangers des mines

De vastes programmes d'éducation aux dangers des mines se sont poursuivis dans sept pays : Afghanistan, Cambodge, Laos, Pakistan, Sri Lanka, Thaïlande et Viet Nam. De nouveaux programmes ont démarré au Sri Lanka et au Viet Nam. Des campagnes nationales pour interdire les mines ont entrepris des actions d'éducation de base aux dangers des mines en Corée du Sud, en Inde et au Népal. D'autres formes d'éducation de base aux dangers des mines ont été signalées au Bangladesh, en Birmanie, en Chine et aux Philippines. Aucune activité d'éducation aux dangers des mines n'a été constatée en Corée du Nord et à Taiwan.

En Afghanistan, plus de 2,4 millions de civils, y compris des personnes déplacées et des réfugiés de retour dans le pays, ont bénéficié d'une éducation aux dangers des mines en 2002. Au Cambodge, au moins huit organisations ont participé à une vaste gamme d'activités de prévention des accidents par mines, incluant une réduction à base communautaire des risques ainsi qu’une intégration de l'éducation aux dangers des mines dans les programmes d'enseignement primaire et dans les opérations de déminage. Au Laos, des équipes de sensibilisation communautaire se sont rendues dans 683 villages, touchant ainsi 160 053 personnes ; des programmes d'éducation aux dangers des mines ont été introduits dans 911 écoles, touchant un total de 86 500 élèves. En Thaïlande, le Centre thaïlandais d'action contre les mines et deux ONG ont conduit des activités d'éducation aux dangers des mines auprès de 52 312 personnes au moins ; des programmes d'éducation aux dangers des mines ont également été mis en œuvre dans six camps de réfugiés birmans. Au Sri Lanka, l'UNICEF et les ONG ont étendu leurs activités d'éducation aux dangers des mines. Le cessez-le-feu s'est accompagné d'un fort accroissement des besoins en éducation aux dangers des mines, dans la mesure où un grand nombre de familles regagnent leur foyer malgré le danger. Les autorités vietnamiennes ont fourni une éducation aux dangers des mines et des UXO dans le cadre d'un programme national de prévention des accidents. Par ailleurs, des ONG et des organes d'information ont également pris l'initiative d'organiser des programmes d'éducation aux dangers des mines et des UXO dans des zones fortement polluées.

Victimes des mine/UXO

En 2002, des victimes de mines/UXO ont été recensées dans 14 des 15 pays touchés par les mines de la région Asie/Pacifique : Afghanistan, Birmanie, Cambodge, Chine, Corée du Nord, Corée du Sud, Inde, Laos, Népal, Pakistan, Philippines, Sri Lanka, Thaïlande et Viet Nam. On a également recensé en Indonésie des victimes de pièges et autres engins explosifs improvisés. Aucune nouvelle victime de mines n'a été signalée au Bangladesh, pas plus qu'en Chine, en Indonésie et en Corée du Nord lors de la période couverte par le rapport précédent. En 2002-2003, les mines/UXO ont tué ou blessé, alors qu'ils se trouvaient à l'étranger, dans le cadre d'une présence militaire, d'opérations de déminage ou de maintien de la paix, etc., des ressortissants des pays suivants : Afghanistan, Australie, Cambodge, Inde, Nouvelle-Zélande et Pakistan.

En Afghanistan, 1 286 nouvelles victimes ont été enregistrées, la moyenne mensuelle étant estimée à 150. En Birmanie, au moins 114 personnes ont été blessées ou tuées par des mines. Au Cambodge, 834 nouvelles victimes de mines et UXO ont été signalées, contre 829 en 2001, tandis qu'en Inde, le nombre des nouvelles victimes s'est élevé à 523, contre 332 en 2001. Au Laos, 99 victimes de mines/UXO ont été recensées dans neuf provinces, soit 23 de moins qu'en 2001, diminution qui pourrait toutefois être due à une réduction des capacités de collecte des données. Au Népal, 177 victimes civiles, dont 46 enfants, ont été dénombrées. Au Pakistan, 111 nouvelles victimes de mines et UXO ont été enregistrées, soit 19 de plus qu'en 2001. Au Sri Lanka, les mines ont fait au moins 142 nouvelles victimes, chiffre jugé incomplet. En Thaïlande, 36 victimes ont été signalées, contre 24 en 2001, tandis qu'en Corée du Sud, on en a recensé 15, contre 4 en 2001.

En 2002 et durant la première moitié de 2003, des accidents dus aux mines, survenus pendant des opérations de déminage ou des manœuvres, ont tué ou blessé des démineurs et des soldats en Afghanistan, au Cambodge, en Corée du Sud, en Inde, en Indonésie, au Laos, aux Philippines, à Sri Lanka, en Thaïlande et au Viet Nam.

Assistance aux survivants

En Afghanistan, le Gouvernement islamique de transition a mis en place une Commission nationale en faveur des personnes handicapées, chargée d'élaborer une loi générale sur les droits des personnes handicapées. Au Cambodge, une évaluation externe indique que le Système cambodgien d'information sur les victimes de mines/UXO (CMVIS) est "unique au monde en termes de couverture et de précision". Le CICR a lancé un programme de réadaptation à l'intention des personnes amputées dans un centre de prothèses récemment rénové à Songrim, Corée du Nord. En Inde, des civils survivants d'accidents par mines et vivant dans des villages frontaliers loin de tout n'ont pas accès aux services de réadaptation ; cependant, les autorités ont exprimé leur soutien à la réadaptation des survivants, y compris sur le plan socioéconomique. Au Laos, le ministère du Travail et des Affaires sociales a organisé le deuxième atelier national sur l'Assistance aux victimes, suite aux actions entreprises en 2001. Au Népal, trois des huit hôpitaux qui fournissent une assistance aux victimes de mines et engins explosifs improvisés ont fait part de leurs difficultés à délivrer des soins, en raison de restrictions financières. Au Sri Lanka, le Projet du PNUD d'assistance aux personnes handicapées a été mis en œuvre dans le district de Jaffna, pour promouvoir la réinsertion économique des survivants d'accidents par mines et des autres personnes handicapées. En Thaïlande, un modèle détaillé d'assistance aux victimes a été mis au point, mais le plan d'action national recommandé en novembre 2001 n'a pas été mené à terme. Pour preuve de la misère dans laquelle se trouvent nombre de survivants d'accidents par mines, 60 % de ceux de la province de Quang Tri, au Viet Nam, sont titulaires d'une "carte de pauvreté", indiquant qu'ils vivent sous le seuil de pauvreté national.

En 2002-2003, les Etats de la région Asie/Pacifique qui ont joint à leur rapport requis à l'article 7 le formulaire J facultatif sur l'assistance aux victimes et autres activités liées à l'action contre les mines ont été : l'Australie, le Cambodge, le Japon, la Nouvelle-Zélande, les Philippines et la Thaïlande.