L’Egypte, et quelques autres pays, appelés à signer le traité d’interdiction des mines
(Le Caire, Egypte : 8 avril 2000) A l'ouverture de la conférence régionale sur les mines antipersonnel, la Campagne Internationale pour l'Interdiction des Mines Antipersonnel (ICBL) a appelé l'Egypte à stopper son soutien à l'utilisation de ces armes – qui tuent ou mutilent 26 000 civils par an – et à rejoindre les 137 pays qui ont signé le Traité d'interdiction des mines de 1997. La Campagne a invité les autres gouvernements du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord à en faire autant.
« L'Egypte semble de plus en plus émerger comme un opposant leader à une interdiction globale des mines antipersonnel », a déclaré Mary Wareham du Human Rights Watch, membre de la Campagne ICBL, lauréat du prix Nobel de la Paix 1997. « L'Egypte a agit à l'encontre du Traité d'Interdiction des Mines au cours de forums internationaux majeurs, notamment lors de la dernière session de l'Assemblée Générale des Nations-Unies ou encore la semaine dernière lors du Sommet Euro-Africain au Caire. L'Egypte peut contribuer à résoudre le problème des mines en faisant preuve d'une véritable détermination et en rejoignant dès aujourd'hui les Etats signataires du Traité », a-t-elle poursuivi.
Alors qu'elle salue le Traité d'Interdiction des Mines de 1997 (appelé également Convention d'Ottawa), la déclaration du Sommet Euro-Africain n'évoque pas la nécessité de son universalisation ni ne lie son appel au déminage et à l'assistance aux victimes à la charpente fournie par ce traité unique et sans précédent. Le Traité d'Interdiction des Mines interdit totalement l'ensemble des mines antipersonnel, exige la destruction des stocks de mines quatre ans après l'entrée en vigueur du traité, impose la destruction des mines présentes dans le sol dans un délai de dix ans et encourage vivement la mise en place de programmes d'assistance aux victimes de mines antipersonnel.
La Jordanie, le Qatar, la Tunisie ainsi que le Yémen ont signé et ratifié le Traité d'Interdiction, tandis que l'Algérie l'a signé mais pas encore ratifié. Treize pays de la région n'ont pas encore posé leur signature au bas du traité : Bahreïn, l'Egypte, l'Iraq, l'Iran, l'Israël, le Koweït, le Liban, le Maroc, Oman, l'Arabie Saoudite, la Syrie et les Emirats Arabes Unis. A l'échelle mondiale, 137 pays ont signé le Traité et 94 l'ont ratifié.
« Ayant vécu une explosion de mine antipersonnel et perdu une jambe à cause de cette mine, je pense que la douleur sanglante qu'évoque ce souvenir tragique ne pourra cicatriser si rien n'est fait pour éradiquer ce fléau », a expliqué Kamel Sa'adi, un survivant des mines jordanien, blessé il y a de cela 21 ans, alors qu'il en avait 14. « Mes souffrances sont causées par chaque personne qui continue de s'opposer au Traité d'Interdiction. L'Egypte peut et doit signer l'interdiction de cette arme », a-t-il poursuivi.
Trois pays de la région – l'Egypte, l'Iran et l'Iraq – continuent de produire des mines antipersonnel. L'Israël a stoppé sa production en 1997. Les officiels égyptiens déclarent occasionnellement que l'Egypte n'exporte plus de mines, mais aucune déclaration ou politique officielle n'a été enclenchée. Des mines fabriquées en Egypte ont été utilisées dans plusieurs pays et notamment l'Afghanistan, l'Angola, l'Erythrée, l'Ethiopie, l'Iraq, le Nicaragua, le Rwanda, la Somalie et le Soudan. Enfin, presque chaque pays de la région a stocké des mines antipersonnel.
« En Egypte, comme dans le reste du monde, le terrible impact humanitaire de cette arme l'emporte de loin sur son utilité militaire », a déclaré Haboubba Aoun du Centre d'information libanais sur les mines antipersonnel. « Les civils égyptiens, particulièrement dans le Sinaï, le Canal de Suez et dans le Désert occidental, souffrent de la présence des mines. La Campagne ICBL a clairement entendu les demandes de l'Egypte pour obtenir une assistance internationale afin de traiter ce problème des mines mais ne peut pas comprendre pourquoi l'Egypte refuse de rejoindre la communauté des pays qui se sont attaqués au problème des mines sous tous ses aspects en signant le Traité d'Interdiction des Mines ». Elle a expliqué que « l'Egypte doit se joindre à l'effort d'ensemble visant à résoudre le problème des mines, particulièrement dans cette région du monde où il y a un besoin réel d'une approche globale, concrète et à long-terme pour en venir à bout ».
Cette rencontre régionale de trois jours sur les mines antipersonnel a pris place à la Ligue Arabe du Caire. Elle a été reçue par le Centre National d'Etude sur le Moyen-Orient, en présence d'autres organisations non gouvernementales.
Pour obtenir de plus amples informations, vous pouvez consulter : Campagne Internationale pour l'Interdiction des Mines Antipersonnel, Rapport de l'Observatoire des mines 1999 : Pour un monde sans mines, mai 1999 (www.icbl.org/lm/1999/). Le prochain rapport annuel de l'Observatoire des Mines sera publié en septembre 2000 à l'occasion de la Deuxième Réunion des Etats parties au Traité d'Interdiction des Mines. La politique contre les mines ainsi que les problèmes rencontrés dans chaque pays du monde sont mentionnés dans ce rapport.
Pour obtenir des informations complémentaires, vous pouvez contacter :
- Mary Wareham, Human Rights Watch, Al Safir Hotel, Le Caire. Tél : (+202) 348 28 28. or (+202) 348 24 24 Portable : +44 171 374 1004
- Habbouba Aoun, Centre de lutte contre les mines antipersonnel, Al Safir Hotel, Le Caire. Tél : (+202) 348 28 28
- Kamel Sa'adi, Observatoire des Mines Jordanie, Al Safir Hotel, Le Caire.Tél : (+202) 348 28 28










