Clinton appele respecter ses engagements sur le traite d'interdiction des mines
Washington, DC, 10 juillet 2000) Aujourd'hui, Human Rights Watch a appelé le Président Clinton à tenir sa promesse faite en 1994 d'interdire les mines antipersonnel en adhérant au Traité d'interdiction de 1997.
« Clinton et les mines antipersonnel, le bilan », le nouveau rapport de 42 pages de Human Rigths Watch publié aujourd'hui, détaille la politique et la pratique américaines des mines antipersonnel et recommande au Président un plan d'action en 12 points en faveur de la lutte contre les mines qu'il est appelé à mettre en oeuvre avant de quitter la Présidence.
Les Etats-Unis ont déclaré qu'ils adhéreraient au Traité en 2006, si le Pentagone avait, d'ici là, identifié et présenté une alternative aux mines antipersonnel. A l'heure actuelle, 137 pays se sont engagés en faveur d'une interdiction totale des mines antipersonnel.
« Le Président Clinton a personnellement contribué à faire de la crise des mines antipersonnel une question d'intérêt international de premier ordre », note Stephen Goose, directeur de programme à la Division armes de Human Rights Watch. « Au lieu de se désintéresser d'une question dont on sait qu'il se soucie profondément, le Président Clinton pourrait soumettre le Traité d'interdiction des mines au Sénat ». Steve Goose appelle ainsi le Président Clinton à mettre en oeuvre des actions concrètes afin de s'engager en faveur d'une interdiction totale des mines, plutôt que d'attendre que le Sénat prenne des mesures.
Le nouveau rapport de Human Rights Watch révèle pour la première fois que les Etats-Unis possèdent des stocks de mines à Qatar, qui compte parmi les Etats parties au Traité d'interdiction des mines. Les Etats-Unis envisageraient par ailleurs d'accroître ce stock dans un futur proche.
Steve Goose a rendu hommage à l'administration Clinton, pour avoir alloué des ressources supplémentaires pour les programmes d'action humanitaire contre les mines. Mais il a ajouté que les Etats-Unis, à certains égards, s'éloignent de la perspective d'une interdiction des mines à mesure que la fin du mandat du Président Clinton approche. Il est possible, et ce serait plus inquiétant, que le Pentagone développe des « alternatives » aux mines antipersonnel qui continueraient de violer le Traité d'interdiction des mines.
Quelques éléments du bilan du Président Clinton sur les mines antipersonnel :
- Les Etats-Unis n'appartiennent pas au groupe des 137 pays signataires du Traité, qui inclut l'ensemble des pays de l'OTAN à l'exception de la Turquie. A l'inverse, les Etats-Unis rejoignent la Chine, la Russie, l'Iraq, la Libye, la Corée du Nord, la Birmanie et Cuba;
- Les Etats-Unis revendiquent encore le droit d'utiliser des mines antipersonnel lors des interventions militaires conjointes avec l'OTAN et d'autres alliés militaires parties au Traité, ce qui les place dans une situation risquée face aux obligations du Traité de 1997;
- Les Etats-Unis sont l'un des seize pays encore producteurs de mines dans le monde ;
- Les Etats-Unis possèdent le troisième des quatre plus important stocks de mines antipersonnel, totalisant plus de 12 millions;
- Les Etats-Unis maintiennent encore aujourd'hui un stock de mines dans plusieurs Etats parties au Traité, notamment l'Allemagne, le Japon, la Norvège, Qatar et le Royaume-Uni;
- Le Pentagone a prévu de dépenser plus de 820 millions de dollars pour développer des alternatives aux mines antipersonnel, alors que l'aboutissement de ces recherches demeure encore aujourd'hui très incertain, et qu'il est de plus en plus évident qu'elles ne seront pas achevées en 2006;
- Au cours de l'année fiscale 2001, les Etats-Unis doivent décider du renouvellement ou non de leur système de production, évalué à 150 millions de dollars, et qui impliquerait la mise en place d'un nouveau système nommé RADAM, qui inclut les mines antipersonnel, et qui violerait de ce fait les dispositions du Traité d'interdiction des mines ;
- Certaines personnes du Pentagone veulent remplacer les mines « classiques » (non auto-destructrices) par une munition contenant un système qualifié de « battlefield override system »;ce système transformerait la munition en arme « non auto-destructrice », qui blesserait donc de manière indiscriminée civils et militaires, et violerait ainsi les dispositions du Traité. Une décision de production est attendue pour l'année fiscale 2002;
- Les Forces de l'Air auraient élaboré de nouveaux plans afin de stocker des mines antipersonnel Gator à Qatar, Etat partie au Traité;
- Les Forces de l'Air ont prévu d'augmenter les distributions de mines antipersonnel Gator en 2005, bien que l'objectif officiel soit de présenter des alternatives aux Gator en 2006.
Parmi ses recommandations, Human Rights Watch appelle le Président Clinton à fixer une date limite définitive d'adhésion au Traité, plutôt que de fixer des objectifs conditionnés pour 2006, et à declarer l'interdiction de produire des mines antipersonnel. Human Rights Watch, une organisation internationale basée à New York, est l'un des membres fondateurs de la Campagne Internationale pour Interdire les Mines, lauréat du Prix Nobel de la Paix 1997.
Le rapport est disponible sur internet à l'addresse suivante: http://www.hrw.org/hrw/reports/2000/uslm/
Pour plus d'informations, veuillez contacter :
Stephen Goose : (202) 612-4355
Carroll Bogert : (212) 216-1244










