ICBL appelle l’OUA a agir pour une terre sans mines
(10 July) A l’occasion du Sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’OUA qui se déroulera du 10 au 12 juillet prochains au Togo, la Campagne Internationale pour Interdire les Mines Antipersonnel a appelé le Secrétaire Général de l’Organisation de l’Unité Africaine et ses Etats membres à un engagement renouvelé et public en faveur de l’universalisation et de la mise en œuvre de la Convention sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert de mines antipersonnel et sur leur destruction de 1997.
Lors du précédent Sommet qui s’est tenu à Alger en juillet 1999, quelques mois après l’entrée en vigueur du Traité, les membres de l’OUA adoptaient une décision exhortant tous les pays africains à signer et ratifier la Convention. Depuis le 1er mars 2000, 7 pays ont ratifié la Convention. 6 d’entre eux sont africains, membres de l’OUA (Botswana, Togo, Seychelles, Rwanda, Côte d’Ivoire et Ghana). Ceci est le résultat de la forte mobilisation des Etats africains contre les mines antipersonnel. Cependant, parmi les membres de l’OUA, 9 refusent encore d’adhérer à la Convention d’interdiction des mines (Arabie Saoudite, Comores, Egypte, Erythrée, Libye, Nigeria, Centrafrique, RDC et Somalie), 16 signataires doivent encore la ratifier (Algérie, Angola, Burundi, Cameroun, Cap Vert, Ethiopie, Gabon, Gambie, Guinée-Bissau, Kenya, Mauritanie, Sao Tome et Principe, Sierra Leone, Soudan, Tanzanie et Zambie) et les 27 Etats parties doivent mettre pleinement en œuvre les obligations du Traité, notamment l’adoption d’une législation nationale, la remise du rapport d’information de l’article 7, la destruction des stocks ainsi que le déminage et l’assistance aux victimes.
Or l’Afrique demeure le continent le plus affecté par la prolifération des mines antipersonnel. Sur les 60-70 millions de mines encore enfouies dans le sol, plus d’un tiers sont situées sur les terres africaines. A l’heure où la Convention s’impose comme une norme internationale, signée par 137 pays et ratifiée par 99 d’entre eux, l’utilisation de mines se poursuit dans certains pays africains. Deux enfants ont été tués et trois autre blessés le 7 juin dernier lorsque l’un d’entre eux a marché sur une mine dans la banlieue d’Alitena, en Ethiopie.
Il est donc essentiel d’œuvrer en faveur de l’universalisation et de la mise en œuvre du Traité de 1997 sur le continent africain. Les membres de l’OUA sont encouragés à le faire, notamment à la veille de la Deuxième Conférence des Etats parties au Traité qui se déroulera à Genève du 11 au 15 septembre prochains. L’inscription de cette question dans la Déclaration finale du Sommet, ainsi que l’a demandé la Campagne internationale pour interdire les mines, constituerait un pas dans cette direction. Elle montrerait clairement la volonté de l’OUA à oeuvrer pour une terre sans mines et rappellerait notamment aux Chefs d’Etats africains les décisions qu’ils ont adoptées dans le cadre du plan d’action de la Première Conférence Continentale des Experts Africains sur les mines antipersonnel de Kempton Park (Afrique du Sud) en mai 1997.










