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La Mauritanie marque la 100ème ratification du Traité d'interdiction des mines

(26 juillet) La Campagne Internationale pour interdire les mines, lauréat du Prix Nobel de la Paix, se félicite de la 100ème ratification de la Convention de 1997 sur l'interdiction de l'utilisation, du stockage, de la production et du transfert des mines et sur leur destruction. La Mauritanie vient en effet de déposer aujourd'hui les instruments de ratification auprès des Nations-Unies à New York.

« Cette étape majeure illustre l’ampleur et la rapidité avec laquelle le monde entier s’est engagé en faveur d’une interdiction totale des mines antipersonnel », a déclaré Jody Williams, Ambassadrice ICBL. « Ceux qui continuent de défendre l’usage de cette arme discréditée doivent sentir que cette dynamique est sans retour possible », a poursuivi Mme Williams, ajoutant : « Nous poursuivrons notre action tant que l’ensemble des pays n’aura pas adhéré à l’interdiction, tant que le nombre des victimes ne sera pas réduit à zéro, tant que les zones minées ne seront pas nettoyées et rendues aux populations ».

Ouvert à signature en décembre 1997 à Ottawa (Canada), le Traité est maintenant signé par 137 pays et ratifié par 100 d’entre eux. Les ratifications les plus récentes sont le fait de la Mauritanie, du Ghana, de la République Dominicaine, de la Côte d’Ivoire et du Rwanda. C’est ce processus de ratification qui lie pleinement le pays aux obligations du Traité. Celui-ci exige notamment la destruction des stocks dans les quatre ans qui suivent son entrée en vigueur, le déminage dans une période de 10 ans, et la mise à disposition des victimes de soins et de programmes de réhabilitation et de réintégration socio-économique.

L’ensemble des pays du monde occidental ont signé le Traité d’interdiction des mines à l’exception des Etats-Unis et de Cuba, l’ensemble des pays européens, à l’exception de la Finlande, l’ensemble des pays de l’OTAN, à l’exception des Etats-Unis et de la Turquie. 45 des 53 pays du continent africain l’ont également signé. Parmi les autres réfractaires se classent notamment la Russie, la Chine, l’Inde et le Pakistan, ainsi que plusieurs pays du Moyen-Orient.

En mois de trois années, les avancées dans le sens d’un bannissement des mines ont été impressionnantes. « A l’échelle mondiale, l’utilisation des mines antipersonnel a décliné, la production a été abandonnée de manière spectaculaire et l’exportation a été presque entièrement stoppée. Plus de 20 millions de mines antipersonnel ont été détruites par plus de 55 pays, le financement d’opérations de déminage s’est accru, et le nombre de victimes de mines dans les pays affectés par la prolifération des mines a diminué », a expliqué Mary Wareham de l’association américaine Human Rights Watch, pour l’Observatoire des mines, initiative d’ICBL.

« Nous sommes préoccupés par les incidents de l’année dernière impliquant de nouvelles utilisations de mines à la fois par le gouvernement angolais, signataire du Traité d’interdiction des mines, et par les forces de l’Unita », a expliqué Sylvie Brigot d’Handicap International, une organisation active dans tous les domaines de l’action contre les mines. « Nous sommes scandalisés par le mépris à l’égard des victimes dont font preuve plusieurs gouvernements qui refusent de signer le Traité et qui ont utilisé des mines l’année passée, notamment la Russie, mais également la Birmanie, l’Erithrée, Israël, le Pakistan, le Sri Lanka, et la Yougoslavie. Nous condamnons également l’utilisation de mines par les groupes armés rebelles, notamment la Tchétchénie, le Kosovo, la Colombie, l’Ouganda, le Liban, le Sri Lanka, l’Afghanistan, la Birmanie et, plus récemment, les Philippines ».

ICBL s’inquiète également du fait que, même si aujourd’hui la quantité de mines déterrées est plus importante que celle de mines posées, le nombre quotidien de victimes de mines demeure inacceptable. Au Cambodge, région très affectée par la prolifération des mines, 417 accidents par mines ont été enregistrés de janvier à mai cette année. Ce nombre doit être comparé aux 634 accidents dénombrés en 1999 pour la même période, soit une baisse de 34%. Cependant, dans d’autres parties du monde, au Kosovo, en Angola ou en Tchétchénie notamment, la situation demeure dramatique.

« En seulement l’espace d’une semaine, 17 personnes ont été blessées par mines après le retrait des troupes israéliennes du Sud Liban », a expliqué Haboubba Aoun, du Centre de ressources sur les mines antipersonnel basé à Beyrouth. « Cela illustre non seulement le fait que ces armes continuent de tuer quand la paix est rétablie, mais également combien le déminage humanitaire et la prévention au danger des mines sont essentiels dans les accords de paix, la reconstruction et le développement après-guerre », a-t-elle poursuivi.

La seconde Conférence des Etats parties au Traité d’interdiction des mines se tiendra à Genève, du 11 au 15 septembre. Les Etats parties, certains Etats non signataires du Traité aussi bien que les membres d’ICBL assisteront à cette rencontre qui va permettre de mesurer les progrès et d’aborder les difficultés de l’universalisation et de la mise en oeuvre de l’interdiction des mines antipersonnel.

Le 7 septembre, ICBL publiera le rapport 2000 de l’Observatoire des mines, « Vers un monde sans mines » qui, pays par pays, détaille la situation sur le plan politique et diplomatique, et fait l’état des lieux des actions, entreprises ou non, en faveur de l’assistance aux victimes et du déminage. L’Observatoire des mines est une initiative sans précédent des organisations non gouvernementales pour le contrôle du respect d’un traité de droit international. En parallèle au lancement de ce second rapport annuel de l’Observatoire des mines, ICBL rassemblera des militants, des démineurs et des survivants originaires du monde entier pour participer à cette rencontre et animer réunions, expositions et évènements publics.

Les 37 pays qui ont signé mais n’ont pas encore ratifié sont l’Algérie, l’Angola, le Bengladesh, le Brunei, le Burundi, le Cameroun, le Cap Vert, le Chili, la Colombie, les Iles Cook, Chypre, l’Ethiopie, le Gabon, la Gambie, la Grèce, la Guinée-Bissau, la Guyane, Haïti, l’Indonésie, le Kenya, la Lituanie, les Maldives, Malte, les Iles Marshall, la Moldavie, la Pologne, la Roumanie, Saint Vincent et Grenadines, Sao Tome et Principe, la Sierra Leone, le Soudan, le Surinam, la Tanzanie, l’Ukraine, l’Uruguay, Vanuatu et la Zambie

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