La Campagne Internationale pour Interdire les Mines appellent à
Pour le premier anniversaire du jour où le Traité d'Interdiction des Mines est devenu une loi internationale, la Campagne Internationale pour l'Interdiction des Mines (ICBL), lauréat du Prix Nobel de la Paix, encourage les pays du monde entier à adhérer au traité d'Interdiction des mines antipersonnel.
" Il y a un an, ce traité est entré en vigueur plus rapidement qu'aucun autre traité de Droit International, ne l'a été dans l'histoire, démontrant l'engagement international croissant pour l'élimination de cette arme aveugle, " se réjouit Elizabeth Bernstein, coordinatrice d'ICBL. "On peut déjà considérer que de nombreuses vies ont été sauvées grâce au mouvement d'interdiction et à ce traité mais nous ne serons soulagés que lorsque tous les pays y auront adhéré".
A ce jour, 137 pays ont signé le Traité d'Interdiction des mines de 1997 et 91 l'ont ratifié, soit quatre signatures supplémentaires et 26 ratifications durant l'année dernière. Les pays ayant récemment ratifié sont : les Philippines, le Libéria, le République Tchèque et le Tadjikistan. Les activités d' ICBL pour promouvoir le premier anniversaire de l'entrée en vigueur du Traité et exiger son universalisation se mettent en place dans une douzaine de pays à travers le monde.
" Les membres de la Campagne aux Etats Unis et à travers le monde appellent le Président Clinton à signer le Traité avant la fin de son mandat. Des lettres sont également envoyées aux candidats aux présidentielles Bradley, Bush, Gore et McCain. " déclare Holly Burkhalter, Coordinatrice de la Campagne aux Etats Unis. A ce jour, le Sénateur Bill Bradley est le seul candidat ayant indiqué sa volonté d'adhérer à l'interdiction totale des mines antipersonnel, alors que le Vice-Président Gore soutient la politique actuelle de la signature des Etats Unis en 2006 lorsque des alternatives seront trouvées. Les positions de Bush et McCain ne sont pas connues. " En Finlande, nous avons encouragé notre nouvelle Présidente Tarja Halonen à signer le Traité immédiatement " déclare Laura Lodenius, Coordinatrice de la Campagne dans ce pays. Lorsqu'elle occupait précédemment le poste de Ministre des Affaires Etrangères, Mme Halonen soutenait avec vigueur le Traité d'Interdiction.
" Alors que l'usage des mines antipersonnel semble globalement avoir diminué, nous sommes extrêmement inquiets de leur récente utilisation en Angola, par le gouvernement, pourtant signataire du Traité, et par les forces de l'UNITA " s'alarme Christian Ruge de Norwegian People's Aid, une des plus importantes agence de déminage humanitaire. " Nous condamnons tout usage de cette arme, quelque soient les circonstances ".
Certaines campagnes nationales de ICBL organisent une conférence internationale à Genève, en mars prochain afin d'engager les acteurs non étatiques sur la voie de l'interdiction totale des mines antipersonnel. " Pendant deux jours, dans le cadre du Droit Humanitaire International, qui reconnaît les acteurs étatiques et non étatiques comme Parties en conflit, des représentants de ces forces armées non étatiques et des experts discuteront ensemble du problème des mines, d'une manière franche et responsable " indique Myriam Ferrer, de la Campagne Philippines.
En 1999, ICBL a ainsi condamné l'usage des mines antipersonnel, disséminées par avion, par la Russie en Tchétchènie , ainsi que par les rebelles tchétchènes et l'utilisation de mines antipersonnel par la Yougoslavie et les rebelles du Kosovo, tous non-signataires.
" La production de mines antipersonnel a radicalement diminué, l'exportation des mines est quasiment terminée et plus de 19 millions de mines antipersonnel ont été détruites des arsenaux de plus de 50 pays durant les dernières années., " se félicite Elizabeth Bernstein. " Cependant nous estimons qu'il reste encore 250 millions de mines antipersonnel stockées sur le territoire d'au moins 104 Etats, la majorité se trouvant dans des pays non signataires du Traité, ce qui renforce l'enjeu capital que constitue l'universalisation du Traité ".
" Nous sommes tout à fait conscients que le déminage n'est pas assez rapide, et que trop peu des fonds promis arrivent effectivement sur le terrain", déclare Anne Capelle d'Handicap International. " toutefois il y a aujourd'hui plus de mines retirées du sol que de mines disséminées, le nombre quotidien de victimes par mine demeure cependant inquiétant " ajoute-t-elle.
L'un des évènements majeurs pour la Campagne Internationale fut la sortie, en mai 1999 du premier rapport de l'observatoire des mines :Pour une terre sans mines, lors de la première conférence des Etats Parties, à Maputo (Mozambique).
L'Observatoire des Mines est une émanation de la Campagne, créé dans le but de contrôler l'application et le respect du Traité d'interdiction des mines et, de manière plus générale, d'évaluer les efforts consentis par la communauté internationale pour résoudre le problème des mines. 110 chercheurs originaires de 80 pays préparent actuellement le second rapport qui sera présenté lors de la seconde conférence des Etats Parties à Genève en Suisse du 11 au 15 septembre 2000.
Le second événement majeur de 1999 fut la mise en place du processus dit " inter sessionnel ". Il s'agit de réunions régulières auxquelles participent les Etats Parties ou signataires, les organisations internationales et des experts d'organisations non gouvernementales pour évaluer les progrès et les problèmes rencontrés lors de la mise en place du Traité. Ces rencontres sont indispensables pour maintenir la vigilance sur le suivi de l'application du Traité entre les conférences annuelles des Etats Parties.
Le Traité d'Interdiction des mines de 1997, officiellement " la Convention d'interdiction d'utilisation, de stockage, de production et de transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction ", impose la destruction des stocks dans les quatre ans, et la destruction des mines dans les dix ans. Il insiste sur l'urgence d'assistance et de réhabilitation des victimes par mine. Il demande des rapports extrêmement précis sur la conformité de l'application de l'interdiction. Le 1er mars 1999, le Traité est devenu une loi internationale pour les 40 pays qui l'ont ratifié. L'entrée en vigueur intervient six mois après la date de ratification.
Pour de plus amples informations, merci de contacter http://www.icbl.org










