L’utilisation mondiale des mines est en recul mais la campagne pour l’interdiction des mines met en garde contre l’exces de confiance
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(Tuesday 09 September 2003 ) Selon le dernier rapport annuel de la Campagne Internationale d’Interdiction des Mines (ICBL), l’utilisation de mines antipersonnel au niveau mondial a chuté fortement l’an passé, dans le même temps, le financement général des actions de déminage ont augmenté de 30 pour cent.
Selon un rapport mondial publié aujourd’hui par la Campagne Internationale pour l’Interdiction des Mines (ICBL) , plus de 52 millions de mines antipersonnel stockées ont été détruites par 69 états, dont 3 millions l’an passé.
« Nous faisons d’énormes progrès dans l’éradication des mines antipersonnel, permettant de sauver des vies humaines et d’éviter des amputations dans toutes les régions du monde » a indiqué l’Ambassadeur de l’ICBL Jody Williams, qui a partagé le Prix Nobel de la paix 1997 avec l’ICBL. « Cependant, il ne faut pas crier victoire. Certains pays refusent toujours de respecter la nouvelle norme internationale d’interdiction des mines. Des mines sont encore posées, et le nombre des victimes dans le monde s’accroît chaque jour ».
Selon le rapport 2003 de l’Observatoire des Mines, qui fait 826 pages, plus de 52 millions de mines antipersonnel stockées ont été détruites par 69 états, dont 4 millions l’an passé. Le nombre des pays producteurs de mines a décru de 55 à 15 actuellement, et il n’y a pas eu d’exportations significatives de mines depuis le milieu des années 90. Les programmes d’action contre les mines et les autres programmes se développent, le nombre annuel de nouvelles victimes recensées de mines est en baisse.
136 pays ont ratifié ou adhéré au Traité d’Interdiction des Mines de 1997, qui interdit l’utilisation, la production, le commerce et le stockage des mines antipersonnel, et exige la destruction des mines posées en dix ans. Dix pays ont ratifié ou adhéré au Traité depuis le dernier rapport annuel, dont l’Afghanistan, l’une des nations les plus minées au monde. Belarus a adhéré très récemment, le 3 septembre 2003. Belarus possède un stock de plus de 4 millions de mines antipersonnel, le sixième plus important au monde. En plus des 136 pays, 12 autres ont signé, mais pas encore ratifié le Traité.
« Le nombre de gouvernements ou groupes rebelles armés qui utilisent des mines antipersonnel est à nouveau en recul, indique Mary Wareham de Human Right Watch, Coordinateur Mondial pour l’Observatoire des Mines. Actuellement, seuls les gouvernements du Myanmar et de Russie utilisent des mines antipersonnel sur une base régulière. » Durant la période couverte par le rapport (depuis mai 2002), au moins six gouvernements ont utilisé des mines antipersonnel, tous non signataires du Traité d’Interdiction : l’Inde, l’Irak, le Myanmar (Birmanie), le Népal, le Pakistan et la Russie. Bien que les forces de Saddam Hussein aient posé des mines en de nombreux endroits, avant et pendant le conflit, les Etats-Unis et les forces de la coalition n’en ont apparemment pas utilisées en Irak.
On note donc le recul si l’on compare au Rapport 2002 de l’Observatoire des Mines, listant neuf gouvernements concernés et au Rapport 2001, avec 13 gouvernements cités. De même, les groupes d’opposition armés ont utilisé des mines dans onze pays durant cette période, à comparer à quatorze l’année précédente.
Parmi les Etat Parties au Traité d’Interdiction des Mines, l’ICBL s’inquiète tout particulièrement de la situation du Turkmenistan, qui a indiqué son intention de conserver 69 200 mines antipersonnel pour la « formation au déminage ». L’ICBL estime ce niveau élevé inacceptable et quasiment illégal, étant donné que ce n’est clairement pas « le niveau minimum absolument nécessaire » à des fins de formation et de recherche, comme le Traité l’exige. La plupart des états conservant des mines pour des actions de formation en comptent seulement quelques centaines, ou milliers.
Après avoir stagné en 2001, le financement de l’action contre les mines (déminage, sensibilisation aux risques liés aux mines, assistance aux victimes de mines) a totalisé 309 millions de dollars en 2002, soit une augmentation de 30% par rapport à l’année précédente. Depuis le lancement du Traité d’Interdiction des Mines en 1997, les fonds finançant la lutte contre les mines atteignent plus de 1.2 milliards de dollars, et depuis 1992, 1.7 milliards de dollars
« Plus des deux tiers de l’augmentation des financements en 2002 concerne un seul pays, l’Afghanistan, selon Sara Sekkness de l’ONG Norwegian People’s Aid, Co-Présidente du Groupe de Travail de l’Action contre les Mines de l’ICBL. « Des financements plus élevés et plus nombreux et une efficience accrue seront nécessaires pour traiter complètement le problème mondial des mines et permettre aux Etats-Parties d’atteindre leurs objectifs de déminage dans les délais. »
Selon l’Observatoire des Mines, 82 pays sont touchés par les mines, dont 45 sont des Etats Parties au Traité d’Interdiction des Mines. Selon le Traité, les Etats Parties touchés par les mines ont un délai de dix ans pour déminer les zones concernées. Le Costa Rica s’est déclaré « sans mines » en décembre 2002. En 2002, 16 des pays concernés n’ont réalisé aucune action de déminage, 25 n’ont réalisé aucune action d’éducation et de sensibilisation aux risques des mines.
En 2002, et jusqu’en juin 2003, de nouvelles victimes de mines ont été signalées dans 65 pays, dont la majorité en situation de paix (41) et non de guerre. 15% seulement des victimes signalées sont des militaires.
Sheree Bailey d’Handicap International Belgique, coordinateur de la partie Assistance aux Victimes de l’Observatoire des Mines, indique que « le rapport mentionne un taux de victimes en recul en 2002 dans la plupart des pays touchés par les mines, mais celles-ci sont toujours trop coûteuses en vies humaines. Dans de nombreux pays minés, l’assistance – pour la réhabilitation et la réintégration - disponible pour les survivants, toujours plus nombreux, d’accidents causés par les mines est dramatiquement inadaptée. »
Le rapport 2003 de l’Observatoire des Mines : Vers un Monde Sans Mines, est le cinquième rapport annuel de l’ICBL. Lundi 15 septembre, la Campagne Internationale présentera son rapport aux diplomates participants à la Cinquième Assemblée des Etats Parties au Traité d’Interdiction des Mines à Bangkok, Thaïlande, un Etat Partie touché par les mines sur son propre sol.
L’Observatoire des Mines est coordonné par un noyau de cinq organisations membres de l’ICBL : Human Right Watch est l’organisation responsable de la gestion du groupe, qui inclut Handicap International Belgique, la Coalition Kenyane contre les Mines, Action Mines Canada et Norwegian’s People Aid. Un total de 110 chercheurs de l’Observatoire des Mines, dans 90 pays, ont récolté et analysé systématiquement toutes les informations émanant de nombreuses sources différentes pour réaliser ce rapport exhaustif. Cette initiative unique de la société civile est la première occurrence d’une action coordonnée, durable et systématique, rassemblant des organisations non gouvernementales pour suivre et relater la mise en oeuvre réelle d’un désarmement mondial ou d’un traité humanitaire.
Le rapport complet de l’Observatoire des Mines est disponible maintenant ainsi que les documents qui y sont relatifs, dans de nombreuses langues, sur www.icbl.org/lm/2003 .
Pour plus d’informations, ou pour prévoir un rendez-vous, contactez :
- Sue Wixley, ICBL, à Bangkok au +66 (0)5 164-2679
- Mary Wareham, Human Rights Watch, Washington DC, au +1 (202) 612-4356 ou au +1 (202) 352-2968
- E-mail. media .a. icbl.org










